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 spending the night (alexys&braedan)

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FONDA' MONSTRUEUSE MAIS ADORABLE
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ORIGINES : Canadien et écossais de bien loin
LOVE LIFE : C'est assez compliqué.
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MessageSujet: spending the night (alexys&braedan)   Sam 4 Juil - 21:26



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Je sais pertinemment que je dois avoir l’air d’un idiot à tourner ainsi en rond dans ma maison, regardant les minutes défiler sur l’horloge. Mon fils me regarde d’ailleurs d’un drôle d’air, se demandant sans doute pourquoi son père semble aussi nerveux. Ce matin, j’ai envoyé un message-texte à Alexys, lui proposant de venir à la maison. Autant en profiter, on pourra être seuls…Enfin, seuls avec Cayden bien entendu. Kellyan ne sera pas là pour nous observer, bien que je me doute qu’il ait autre chose à faire que de regarder son cousin se planter avec une fille. J’avais peur qu’elle refuse ou qu’elle me dise qu’elle avait d’autres plans, après tout ç’aurait été logique, un vendredi soir. J’ai passé la journée entière à me demander quelle serait sa réponse, si elle refuserait de me rendre visite. Je n’avais pas vraiment prévu grand-chose, je lui ai simplement proposé de passer à la maison pour la soirée. Je ne suis pas vraiment doué pour organiser des soirées incroyables, et avec mon fils c’est encore moins simple. Quand j’ai vérifié mon téléphone à ma pause et que j’ai constaté qu’elle avait accepté et qu’elle passerait en finissant de bosser, je n’ai pu cesser d’y penser pour le reste de mon quart de travail. Il m’a semblé que la journée passait plus lentement qu’à l’habitude, d’ailleurs. Sans doute car il n’y avait pas trop de travail aujourd’hui, et je me cherchais souvent quelque chose à faire, tournant en rond dans le bureau. J’étais plus que soulagé lorsque j’ai pu enfin retourner chez moi, et sur le chemin du retour je ne peux nier que mon esprit était bien ailleurs, égaré à penser à la jolie brunette qui viendrait me rejoindre plus tard. Ce qui est frustrant dans toute cette histoire, c’est de devoir inventer des excuses à ma sœur pour ne pas lui avouer la vérité. Elle ne sait pas que je vois Alexys, et je me doute qu’elle serait folle de rage si elle venait à apprendre que son frère s’intéresse d’un peu trop près à son ancienne meilleure amie. On n’a jamais vraiment reparlé de cette soirée d’ailleurs avec Alexys. Je n’ai jamais voulu aborder le sujet, et je suppose qu’elle a préféré oublier cet incident malheureux où je l’ai emmenée à l’hôpital. Darcy était furieuse ce soir-là que j’accepte de la conduire aux urgences. Selon elle, Alexys aurait dû simplement être transportée en ambulance et ne méritait pas que l’on s’occupe d’elle, après tout c’était « sa faute » si les choses avaient dérapé de la sorte. Je n’ai jamais voulu argumenter avec ma sœur, mais je n’étais pas d’accord. Chacun fait des conneries après tout, et selon moi elle aurait dû pardonner son amie et recommencer tout à zéro. Darcy n’est pas comme ça, malheureusement, orgueilleuse et rancunière il lui en faut beaucoup pour pardonner à quelqu’un, mais pas tant que ça pour lui en vouloir pour toute une vie. Je pense seulement à mon ex qu’elle déteste avec passion, ne manquant pas une occasion pour la dénigrer. Pourtant, quand on la connait bien, ma sœur reste adorable. Seulement je ne lui ai pas parlé de cette fois où Alexys est venue au garage, ni des autres fois où nous nous sommes vus chez moi. Elle me forcerait sans doute à ne plus jamais la revoir, se foutant bien que cette histoire ait eu lieu il y a douze ans et qu’aujourd’hui son ancienne amie ait beaucoup changé.

À la maison, j’ai sauté dans la douche dès mon arrivée, les bras tachés de cambouis suite à ma journée à jouer dans les moteurs. Cayden trouvait plutôt drôle de me voir aussi pressé, d’ailleurs. J’en ai profité pour faire un peu de rangement, histoire qu’elle ne se croit pas en zone de guerre à son arrivée. Je ne suis pas la personne la plus ordonnée, en vérité je suis même tout le contraire. Je me suis un peu discipliné avec mon fils autour, mais je suis encore loin d’être la parfaite ménagère. C’est plutôt mon cousin qui range tout ici à l’habitude, mais comme il est à l’hôpital, je dois me débrouiller jusqu’à ce qu’il soit de retour. L’ambiance sera certainement différente sans lui pour chaperonner ce soir. Les yeux rivés sur l’horloge, j’essaie de me rappeler l’heure à laquelle elle arrivera. Je me sens un peu comme un gamin à cet instant, celui qui est nerveux de voir une fille arriver chez lui. Cay s’approche de moi et tire sur ma jambe, et j’observe mon fils qui me fixe d’un air interrogateur. « Qu’est-ce qu’il y a Cay? » Je me penche et le prends dans mes bras, allant m’asseoir sur le canapé avec mon fils. « C’est tonton Kyky qui revient? » Je souris doucement. Mon fils ne cesse de dire que son oncle lui manque et il demande constamment à le voir. C’est mignon et triste à la fois, car je ne sais pas quand il reviendra. Passant une main dans les cheveux du petit blondinet, Je dépose un baiser sur sa tempe avant de le lui sourire. « Non, c’est pas ton oncle Kyky. C’est Alexys, tu te rappelles d’elle, non? » Il hoche la tête en signe affirmatif et tend sa main vers mes cheveux avant d’y emmêler ses doigts. Je grimace légèrement et essaie de m’en détacher, et c’est à ce moment précis que j’entends sonner à la porte. Je sursaute presque sur le coup, puis mon cœur se met à battre plus rapidement dans ma poitrine. Ça ne peut être qu’elle, après tout. Je dépose doucement Cayden sur le canapé avant de me diriger vers l’entrée de la petite maison. C’est plutôt modeste ici. Agréable sans être trop extravagant. Une maison de petite famille, même si pour le moment, il n’y a que Cay, moi, et mon cousin. Darcy m’a fait comprendre plusieurs fois que ce serait bien que je me trouve une copine. Et il y a peut-être une fille qui m’intéresse enfin. Quand je tourne la poignée je tombe nez à nez avec la belle brunette et je lui adresse un grand sourire. « Hey, salut! Tu vas bien? » Je me déplace pour la laisser entrer, et j’entends Cayden courir dans notre direction avant de se planter derrière moi, regardant timidement la jeune femme. Je ris doucement en regardant la brunette et me penche pour prendre mon fils dans mes bras. À la blague, je lui lance simplement. « C’est parce qu’il ne te voit pas assez souvent, qu’il est comme ça. » C’est vrai que j’aimerais bien aussi qu’elle vienne plus souvent, mais je ne pense pas qu’elle accepterait. J’ai remarqué qu’elle n’est pas particulièrement à l’aise avec Cayden, alors j’essaie de ne pas me faire trop d’illusions. J’hésite un instant avant de poursuivre, lui souriant toujours. « Un truc à boire? J’ai de la bière si tu veux. En plus, je n’ai même pas à me sentir coupable de te l’offrir maintenant. » Je fais référence au temps où elle était ado et où je leur fournissais de l’alcool à Darcy et elle. Avant que ma sœur ne coupe les ponts et que pendant des années, je n’entende plus du tout parler de la jolie brunette. Il faut dire qu’elle ne ressemble plus à la jeune fille de 16 ans, maintenant. Je dois avouer que je la préfère nettement comme ça, aussi.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Lun 6 Juil - 9:44

« Allez madame Montrose, on se tourne sur le ventre. » Doucement, Alexys tapote la table de massage sur laquelle elle aide la femme d’une soixante d’années à s’allonger. Docile, et taisant les maux divers endurés par son corps sur le déclin, la dame aux portes de la vieillesse s’exécute. Une fois convenablement installée, le visage serein, la masseuse descend la serviette recouvrant sa patiente jusqu’à ses reins. « Vous êtes pr… » Le bip de son téléphone l’interrompt, et l’horrifie. D’un pas rapide, elle se précipite vers le petit casier qui lui sert de vestiaire et se met à farfouiller dans son sac à la recherche du bruyant instrument. « Je vous prie de m'excuser madame Montrose, j’ai oublié de le mettre sur silenc… » D’abord réellement confuse, quand finalement ses doigts s’emparent de l’appareil et qu’elle voit le nom écrit sur l’écran, Alexys se trouble. Elle veut être professionnelle et éteindre ce maudit téléphone, mais la curiosité la dévore. Sans s’en rendre compte, elle lance un regard de cocker à sa patiente qui lui sourit gentiment. « Allez-y. » Soulagée et anxieuse à la fois, la jeune femme ouvre le message... Et éteint son téléphone, sans plus rien exprimer. Sans un mot, elle recueille un peu d’huile dans sa main en coupe et se met au travail. D’abord silencieuse, la vieille dame finit par céder à la curiosité à son tour. « J’espère que ce n’était pas une mauvaise nouvelle ? » Sa sollicitude étant réelle, Lexie ne se fâche pas de l’indiscrétion. « Non, au contraire. » Ta réaction est plutôt sobre pour quelqu’un qui vient de recevoir une bonne nouvelle… semble crier la dame. Mais la masseuse n’est pas prête à s’étaler, surtout que, toute adorable que soit Madame Montrose, c’est une commère, comme beaucoup de femmes de son âge, et Alexys n’a pas la moindre envie que le club des veuves joyeuses se mette à commérer à son propos. Au moins, la retraitée n’insiste pas et respecte le mutisme observé par sa masseuse, sous les doigts de laquelle elle s’abandonne.

Madame Montrose est sa première cliente du jeudi. Ensuite viennent Monsieur Lee, Miss Johnson et Madame Green. Aucun d’eux n’a relevé la passivité inhabituelle d’Alexys, aucun d’eux n’a relevé les quelques fausses notes dans l’entrain feint qu’elle leur a servi à tous, aucun n’a remarqué que pendant qu’ils étaient occupés de lui tenir la jambe à propos de leurs chiens, du temps qu’il fait ou des fluctuations boursières, Lexie était ailleurs. Focalisée, en pleine réflexion, sur la réponse qu’elle allait pouvoir donner à Braedan. Elle a très envie d’accepter son invitation bien sûr, mais ignore si elle le doit. Ce serait peut-être mieux qu’ils s’arrêtent là ? Qu’elle s’arrête là, avant de vraiment se faire avoir ?...

Aux alentours de midi et demi, Alexys a eu le temps de cogiter, de passer par divers stades émotionnels et d’envisager une telle quantité de scenarii différents pour la suite de sa relation naissante avec le mécanicien qu’elle aurait de quoi donner du travail au tout Hollywood pendant dix ans, mais sa décision est prise. Elle fera preuve de fermeté, refusera de tomber dans le panneau, se protégera plus que jamais et tout devrait bien se passer. Et puis, rien ne dit que Braedan ait des vues sur elle. C’est d’ailleurs cette hypothèse qui lui a permis de conserver la tête froide pendant toute la matinée, la perspective de se faire des films, d’un peu trop fantasmer une situation qui resterait plus que probablement platonique. Il a toujours été gentil avec elle, quoiqu’il arrive. Elle lui doit beaucoup, et il reste vraisemblable que son invitation soit de la même veine, plutôt que nourrie d’un intérêt romantique. S’autopersuadant de n’avoir à gérer que ses propres sentiments, Alexys décide de répondre par l’affirmative à l’invitation de Braedan, non sans une pointe de déception cependant, déception dont elle ne peut s’attribuer la responsabilité qu’à elle seule…

L’après-midi lui semble passer en une seconde. Quand elle s’aperçoit que son dernier client est sur le départ et qu’elle devra bientôt se présenter chez le mécanicien, ses entrailles se serrent, s’agitent. La nervosité la gagne. Malgré son appréhension, elle n’envisage pas d’annuler. En revanche, elle se drill, tente de se convaincre que tout va bien se passer, que rien ne va se passer, et met un point d’honneur à se décevoir via des scenarii tous plus moroses (pour elle en tous cas) les uns que les autres, persuadée que si elle se mure maintenant, la pilule sera plus facile à avaler plus tard. Malgré tout, et là demeure son paradoxe, elle prend quand même une minute pour se maquiller les yeux de khôl et d’un léger trait d’eye-liner sur la paupière, ainsi que pour coiffer son épaisse toison brune et bouclée, avant d’y aller. Elle veut être à son avantage, elle veut qu’il la trouve jolie, même si… Bref.

Quand elle toque à la porte du mécanicien, la nervosité qui l’avait dévorée crescendo sur le chemin atteint son paroxysme… Et disparaît au moment même où ses billes d’onyx se posent sur son visage. Il lui sourit, et elle s’aperçoit, après coup, qu’elle lui sourit en retour. Au point qu’elle en oublie, pendant une seconde, le temps qui passe… Le bruit de la course de son bambin remet les pendules à l’heure et c’est par l’affirmative qu’elle répond, en retard, à la question du mécano. « Oui, merci. Et toi ? » Cayden, son fils, lui offre une adorable distraction, l’empêche de continuer à dévisager son père encore et encore… Mignon garçon, à qui elle sourit avec tendresse, qui, à ses yeux, ne mérite rien d’autre que d’être aimé, et avec lequel, malgré tout, elle ne parvient pas à se laisser aller. Il soulève des questions auxquelles elle n’est pas certaine de vouloir répondre, auxquelles elle n’est pas certaine d’apprécier les réponses, quand elle pense déjà les connaître… En l’occurrence, elle sait qu’elle l’aimerait, cet enfant, mais si elle s’attache trop vite pour rien ? Un nouveau vide de plus avec lequel composer, et Alexys en a assez des vides… Pour autant, elle ne le repousse pas, bien au contraire, et s’il est indéniable qu’elle n’est pas vraiment à son aise, il est aussi plus qu’évident qu’elle fait des efforts pour le cacher et passer au-dessus. « Les enfants sont souvent timides à cet âge-là. » Commente-t-elle, à propos de la presque crainte du petit bonhomme face à elle. La boutade à propos de la bière la fait rire un peu « Quelle ironie que je n’en boive plus au moment où j’y ai le droit, pas vrai ? », et après qu’elle soit rentrée et ait fermé la porte derrière elle, elle pose son sac près d’une patère et en revient au propriétaire des lieux, plongeant ses doigts dans les poches arrière de son jean. « Je passe pour la bière, mais j’adorerai un verre de grenadine si tu as s’il te plaît. Ou un simple coca fera l’affaire ? » N’importe, mais un soft. Depuis son sevrage, des plus difficiles, Alexys ne touche plus à rien qui pourrait induire une dépendance. Pas d’alcool, pas de clope, plus de drogue, rien. Son système est clean depuis sa sortie de l’hôpital, douze années auparavant, et sa résolution est de titane. Elle ne tombera plus.

Pendant que son hôte se charge des boissons, elle inspecte rapidement des yeux l’appartement. Elle doit reconnaître qu’il est bien entretenu, pour deux hommes vivant seuls avec un enfant en bas âge. La maison n’est pas très grande, mais elle est meublée avec chaleur ce qui lui donne un côté « cocon » des plus agréables. Accueillant sa boisson avec le sourire, elle suit Braedan avec lequel Cayden et elle vont s’installer sur le canapé. « Tu sais, si ton fils et toi seriez partants, je pourrai baby-sitter Cayden de temps en temps, quand tu aurais envie de sortir avec tes potes ou quoi ? » On peut reconnaître à Lexie quelques qualités, mais pas celle de tourner autour du pot. En l’occurrence, sa proposition tombe probablement comme un cheveu sur la soupe, mais comme Braedan venait de dire que Cayden ne la voyait pas assez souvent… ? C’est bien la preuve qu’elle est décidée à faire des efforts, non ? Tout ce qu’elle espère, et elle croise les doigts pour ça, c’est qu’il ne lui demandera pas de le garder s’il compte aller à un rendez-vous galant, parce qu’elle sait… Elle SAIT qu’elle sera tout bonnement incapable de refuser s’il le fait, et qu’il n’y aura rien qu’elle puisse faire pour se barricader…
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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Lun 6 Juil - 17:59



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Cayden n’est pas vraiment un enfant timide, mais j’évite d’en parler à Alexys. Ce n’est pas nécessaire d’ajouter de l’huile sur le feu, après tout. Je ne peux pas la forcer à apprécier mon fils, ce n’est pas tout le monde qui aime les enfants. Je n’aimais pas particulièrement les enfants moi-même avant que Cay arrive dans ma vie. Je préfère donc ne pas m’éterniser sur le sujet, après tout ce n’est pas nécessaire d’en parler durant des heures, alors je lui propose une bière, faisant allusion à l’époque où je m’occupais de leur acheter de l’alcool, car elles n’avaient pas l’âge de boire. Elle rit un peu à ma proposition et je me demande pourquoi, mais je ne tarde pas à comprendre la raison de son rire. Je suis un peu surpris qu’elle refuse ma proposition de bière, légèrement étonné quand elle m’annonce qu’elle ne boit plus d’alcool. Sage décision lorsque l’on sait ce qui s’est produit la dernière fois. Je préfère ne pas aborder ce sujet avec elle par contre, me doutant que ce n’est certainement pas quelque chose dont elle voudra parler avec moi. Je suis plutôt fort pour les sujets inconfortables, mais je ne suis pas complètement débile, et cette visite à l’hôpital est un mauvais souvenir pour elle tout comme pour moi. La crise de nerfs de ma sœur restera à jamais gravée dans ma mémoire ce soir-là, et malheureusement je n’ai rien pu faire pour défendre la jolie brunette qui n’avait sans doute pas voulu que les choses dérapent ainsi. Elle demande un sirop de grenadine ou un coca et c’est sans hésiter que j’opte pour le sirop de grenadine, décidant moi aussi de m’en servir un. Je n’ai jamais été un très grand amateur de bière, étant plutôt le genre de personne à les oublier à moitié pleines sur la table du salon sans jamais les terminer. Il ne faut pas penser que je n’aime pas ça, bien sûr que non, c’est surtout que je suis du genre à vite me lasser. Je souris donc à la jeune femme et acquiesce, m’éloignant en direction de la cuisine, la laissant avec le petit blond qui la fixe avec fascination. « Va pour la grenadine alors. Je reviens. Tu peux faire comme chez toi, alors… Cay, sois sympa avec Alexys… » Je ne regarde même plus mes deux interlocuteurs et m’éclipse, et alors que je me retrouve seul dans la cuisine, je constate que mes mains sont moites et tremblent légèrement. On aurait du mal à croire que je suis le grand frère de huit ans l’aîné de son ancienne amie, avec tout ça. J’agis plutôt comme un adolescent qui a son premier rancart, et c’est plutôt gênant. Je prépare un jus d’orange à Cayden, lui installant un bec verseur pour qu’il n’en renverse pas partout, et me voilà donc reparti en direction de la cuisine avec les deux verres et la bouteille de mon fils. En arrivant, je constate que mon fils fixe toujours la jeune femme avec intérêt pendant que celle-ci inspecte le salon. Je glousse et dépose les verres sur la table basse, tendant le sien à mon fils qui s’empresse d’en prendre une longue gorgée. « C’est plutôt ordonné, à vrai dire j’ai pas vraiment de mérite, c’est mon cousin qui fait le ménage… Je m’assume, je suis pas vraiment une ménagère. » Je souris gentiment à la jeune femme et l’on s’assoit sur le canapé. Mes mains se posent à plat sur mes cuisses et je l’invite à s’asseoir à mes côtés. Cayden, lui, ne se laisse pas prier.

Je m’apprête à ouvrir la bouche pour faire la discussion, mais c’est plutôt Alexys qui prend la parole. Je suis étonné d’ailleurs de sa proposition et ne me prive pas pour la regarder d’un air plutôt surpris. J’ai bien vu la façon dont elle se comporte avec mon garçon, et qu’elle n’est pas particulièrement à l’aise en sa compagnie. Je ne veux pas lui faire subir ça, si elle ne veut pas. Je passe légèrement ma main dans ma barbe, puis regarde tour à tour la brunette puis le blondinet. Celui-ci ne semble pas trop écouter la conversation, concentré sur sa bouteille aux imprimés de personnages de Disney. Je ne veux pas refuser sans raison, après tout je n’ai pas envie qu’elle croie que je ne lui fais pas confiance. Ce n’est pas le cas bien entendu, c’est simplement que je ne veux pas qu’elle se sente forcée de s’investir si elle n’en a pas envie. Je souris doucement, puis croise légèrement les bras. « C’est super sympa de proposer ça, mais en fait, il a déjà bien assez de baby-sitters… En fait, elles se battent carrément pour l’avoir! » Je prends une légère pause pour rire. « Et puis Darcy ne rate jamais une occasion pour me le voler… » Je m’arrête quand je mentionne le prénom de ma sœur, réalisant que je devrais peut-être éviter d’en parler avec elle. Certes, ce n’est pas interdit, mais sachant leur passé à toutes les deux, je me doute qu’Alexys n’a pas forcément envie d’entendre parler de son ancienne meilleure amie. Je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’elle dirait si elle savait que la brunette était ici à ce moment précis.

J’incline un peu la tête à cette pensée et une ombre passe dans mon regard. C’est certain qu’elle me dévisserait la tête, et il est fort probable qu’elle ferait la même chose avec son ancienne amie. Pourtant, ça se voit plutôt bien que la jolie brune n’a plus le même train de vie aussi rock and roll qu’à l’époque. Je regarde l’heure sur l’horloge accrochée au mur et regarde mon fils qui ne dit plus un mot. « Bon, Cay, c’est l’heure de ta sieste! Tu vas mettre ton pyjama ou tu as besoin de moi? » Le bambin me regarde d’un air offusqué, puis il regarde la jeune femme assise à mes côtés. « Je veux pas aller dormir… » Je glousse puis regarde Alexys, lui souriant amusé. À vrai dire il n’est pas tout à fait l’heure, mais je me vois plutôt mal discuter de trucs plus sérieux avec mon fils à côté de nous. Ma main se glisse dans les cheveux du petit blond et je fronce les sourcils, tentant de prendre un ton autoritaire. « Oh que si, tu vas aller dormir! Et si tu ne vas pas mettre ton pyjama, je vais devoir aller te l’enfiler moi-même! » Il ronchonne et dépose son jus sur la table basse, s’éloignant en direction de sa chambre. La porte se referme et bientôt, c’est le silence total. Je lève les yeux au plafond puis un mince sourire se dessine sur mes lèvres. « D’habitude, c’est la guerre. Mystérieusement, lorsqu’il y a une femme à la maison, que ce soit la baby-sitter, la voisine ou une des conquêtes du cousin, il est soudainement docile. » Je prends la peine de spécifier « de mon cousin », car il y a plutôt longtemps que je n’ai pas fréquenté qui que ce soit. Je regarde mon verre sur la table, puis celui d’Alexys, puis je croise son regard foncé. Toujours souriant, je me lève et lui tends la main pour l’aider à faire de même. « Si ça t’embête pas, on pourrait aller sur le balcon. Ça évitera qu’il se réveille… » Je me sens un peu coupable de lui imposer mon train de vie de père célibataire. Ne pas rester dans le salon pour ne pas éveiller le petit, ne pas parler en toute liberté de n’importe quel sujet, car il est dans la pièce, ne pas faire n’importe quoi, car il est toujours là… Je suis plutôt limité, et je me doute que ça pourrait l’ennuyer. D’après ce que j’ai compris, Alexys est libre comme l’air, vit seule et n’a aucun compte à rendre à personne. Tout le contraire de moi, en bref. Je la comprendrais parfaitement si elle voulait prendre ses jambes à son cou, bien qu’au fond j’espère que ça n’arrivera pas. C’est idiot quand on y pense, après douze ans je la recroise par hasard au garage, et pourtant cette fois je suis bien décidé à ne plus la perdre de vue. Certes, quand Darcy a coupé les ponts, je n’aurais pas dû être vraiment affecté, mais je la voyais un peu comme une seconde petite sœur, à toujours traîner à la maison. En la revoyant au garage par contre, elle ne ressemblait certainement plus à la seconde petite sœur d’il y a douze ans. C’est probablement pour ça que Darcy me dévisserait la tête si elle apprenait. Elle n’aimerait certainement pas apprendre que son frère a des vues sur son ancienne meilleure amie de huit ans sa cadette. Sans même m’en rendre compte, je dévisage légèrement la jolie brune et je rougis quand je suis finalement tiré de ma rêverie. « Pardon, je pensais à un truc… » Je marmonne mes mots et baisse les yeux, me dirigeant vers la porte menant à la cour arrière.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Mar 7 Juil - 11:21

C'est qu'il est insistant, le regard du petit Cayden... D'abord mal à l'aise, se sentant épiée, presque jugée, par ce tout petit bout d'homme, Lexie respire profondément, en toute discrétion, et laisse faire. Ce ne doit pas être évident pour ce petit bout de voir une femme qui n'est pas sa maman entrer dans son monde, une inconnue pénétrer le sanctuaire de son fief, tout ça pour lui ravir la moitié de l'attention de son père. Ne connaissant pas le caractère du garçon, elle ignore s'il est du genre possessif, ou tout simplement curieux, toujours est-il qu'en définitive, n'ayant aucun point de comparaison, elle ne sait pas si elle doit se sentir flattée ou inquiète qu'il la dévisage ainsi. Pire encore, elle aimerait commencer à discuter avec lui, mais elle ignore complètement quoi aborder comme sujet. Il faut dire aussi qu'elle craint l'erreur diplomatique, sa situation étant moins évidente que celle des autres enfants qu'elle a gardés pendant son périple aux états-unis... Des familles sans histoires où papa est toujours avec maman et où les fratries sont issues des mêmes individus... Dans le cas de Cayden, elle marche en terre inconnue, ignore si le moindre détail dans ce qu'elle dira ne fera pas clignoter le néon « orphelin » aux yeux du bambin... Raison pour laquelle elle préfère, pour l'instant, ne rien lui dire et se contenter de lui sourire quand leurs regards se croisent, et surtout, surtout... Ne pas être désagréable avec lui. D'après l'une de ses clientes, les enfants sont des éponges émotionnelles, il faut faire attention. Bien sûr, prendre quelques précautions ne la mettra pas à l'abri des bourdes à 100% mais au moins ça lui en épargnera quelques unes...

Le rire de Braedan interrompt leur troublant tête à tête cependant, et bien qu'elle n'en montre que le moins possible, Alexys est soulagée. C'est vrai que ça l'inquiète que le mécano l'imagine froide et n'aimant pas les enfants, mais n'ayant jamais passé de temps avec un parent célibataire, sauf avec Allistair et là les choses étaient bien différentes, elle ignore tout de la conduite la plus appropriée à adopter. C'est qu'elle n'a pas croulé sous les frères et sœurs, et c'est très différent que de baby-sitter des enfants, et de les avoir dans le secteur quand on discute avec leurs parents. Heureusement, donc, que Braedan prend le relais. Se faisant, Alexys en profite pour s'emparer de son propre verre et en avaler une bonne lampée. De tous les sirops, la grenadine est son préféré. Bien entendu, elle ne perd pas une miette des confessions de son hôte... Ainsi il n'est pas la fée du logis qu'elle s'était figuré en faisant le tour du salon ? Sa bouche s'étire en un sourire amusé. Elle serait bien hypocrite que de le lui reprocher, sachant qu'elle-même n'hésiterait pas à embaucher une femme de ménage pour s'épargner ses corvées, si elle en avait les moyens. Elle n'en dit rien cependant, persuadée que Braedan et son cousin avaient une dynamique qui leur était propre, et peu envieuse de mettre son nez dedans, estimant que ça ne la regarde pas. Et puis... Personne n'est parfait, comme dit le dicton, et quelque part, Lexie se trouve soulagée que le mécanicien n'en soit pas l'exception. C’est déjà difficile que de face à quelqu’un ayant des défauts sans se retrouver avec l’étiquette « cas social » compte tenu de son passé, mais si en plus son vis-à-vis, lui, est exempt de tout squelette dans son placard… Le jeu passe rapidement du mode « difficile » au mode « suicidaire ».

Finalement, prenant son courage à deux mains, Alexys propose à Braedan de jouer les nounous. Sans l’idée d’être jugée par son père, peut-être qu’elle parviendrait à se mettre un peu plus à l’aise avec le petit Cayden ? Après tout, elle n’a pas l’impression de se débrouiller si mal que ça avec sa filleule. Si celle-ci lui court dans les bras quand elle passe la porte, c’est qu’elle doit bien l’aimer, non ? Ou alors, elle a été conditionnée par ses parents, ce qui est possible aussi… Dans tous les cas, pour Cayden, c’est râpé puisque… Braedan refuse qu’elle s’en occupe. C’est une petite déception pour Alexys, il faut le dire, et elle craint que ça ne soit son image de fille défoncée à tout ce qui passe qui la poursuive dans l’esprit du mécanicien. Peut-être est-ce d’ailleurs la raison de ses invitations successives, toujours sans prévenir ? Peut-être veut-il simplement s’assurer qu’elle soit réellement clean de toute dépendance ? La démarche est incongrue, mais pas improbable, et Alexys ne sait comment y réagir, comment la prendre en compte. Doit-elle s’agacer de son manque de confiance ? Non, elle serait probablement sceptique, et suspicieuse, si les rôles étaient inversés. Après tout, c’est un enfant qui est en « jeu ». Alors quoi ? Et puis il a dit « Elles ». Toutes des baby-sitters femelles, encore de quoi cogiter…

Dans la tête de Lexie, son cerveau se met à tourner comme une toupie, pour se geler intégralement dès que le prénom « Darcy » est prononcé. Si son visage reste stoïque, la jeune femme sent son cœur se serrer à la pensée nostalgique des moments passés avec elle. C’est la première fois qu’il l’évoque devant elle, c’est son frère, ça devait bien arriver un jour. Manifestement, elle ne s’était pas bien préparée à cette éventualité. Toutefois, elle est moins triste qu’elle ne l’aurait cru. S’il est indéniable qu’elle n’est pas indifférente, elle s’aperçoit que sa mélancolie est bien plus légère que ce qu’elle avait pensé qu’elle serait. Pire, elle se prend même à espérer que tout se soit bien passé pour elle, et qu’elle est à présent épanouie et heureuse, pensée qui réchauffe le cœur de la jeune femme et lui redonne un léger sourire, plein d’une tendresse infinie. Naïve, elle n’imagine pas une seule seconde que son ancienne amie puisse ne pas avoir tourné la page. Si elle savait…

Sans comprendre pourquoi, elle perçoit le visage de Braedan s’assombrir, et donc, préfère garder ses questions concernant Darcy pour elle. Il est plausible qu’évoquer la seule personne qu’ils aient en commun, connaissant les circonstances de leur séparation, lui soit pénible également… Donc, plutôt que de ressasser des souvenirs douloureux, elle admire la démonstration d’autorité sur son fils, et, face à ce spectacle haut en couleurs, ne peut s’empêcher de sourire largement. Cayden est vraiment mignon, et on sent la complicité qui règne entre le père et le fils. C’est vraiment attendrissant. « Il a peut-être déjà compris qu’on conquiert les filles en les impressionnant, va savoir ? » Elle rit un peu, ne doutant pas qu’avec une bouille aussi adorable, le garçon pourrait être un démon que toutes les femmes de la ville se battraient tout de même pour le garder. L’apanage de la beauté, ça aide à tous les âges. Même si elle n’en montre, une fois encore, rien, elle relève le « conquêtes de mon cousin », relève le fait qu’il ait précisé à qui étaient les conquêtes. Elle ignore cependant s’il le fait pour ménager sa susceptibilité et lui épargner l’idée qu’il soit un queutard invétéré, ou bien s’il n’en a jamais fait venir dans son appartement. Les deux idées sont à double tranchant pour Alexys. Dans le premier cas, elle ignore si elle doit se mettre sur la liste des conquêtes potentielles, sachant qu’un plan cul, quand bien même ce soit avec lui, ne l’intéresse pas le moins du monde, ou bien dans la case « friendzone ». Dans le second cas, la friendzone devient plus probable, et c’est tout aussi effrayant… Mobilisant toute l’abstraction dont elle dispose, elle choisit de passer outre ces déductions à deux balles et se rappelle, ce qui lui fait un bien fou, que les hommes ne sont pas si compliqués. S’ils ont des choses à dire, ils les disent. Elle ne doit donc pas se torturer, ni tracer de plans sur la comète, même si c’est bien plus facile à dire qu’à faire…

Quand il lui tend la main pour l’aider à se lever, agréable distraction de ses sombres pensées, elle ne se fait pas prier pour s’en saisir et s’exécute, s’emparant de son verre pour le suivre vers le balcon. « Bien sûr que non, pas de souci… », répond-t-elle à son invitation. Tout au contraire d’ailleurs, Alexys adore prendre l’air dès qu’il fait beau, et le jardin de Braeden a tout à ses yeux d’une agréable retraite verdoyante au cœur de la ville. Quand son regard se pose sur le portique de bois qu’il a construit pour son fils, les yeux de la jeune femme se mettent à pétiller. Ne manquent dans le cadre citadin de cette image qu’une femme et un chien… Aspirée par sa propre contemplation, elle ne remarque même pas que le mécanicien la dévisage. Ce n’est qu’en l’entendant l’excuser qu’elle tourne ses billes d’onyx dans sa direction, un peu surprise. Un penny pour tes pensées… aimerait-elle lui dire, mais une fois encore, le visage de Braedan exprimant une certaine mélancolie, elle préfère se taire.

Un peu lasse de cette ambiance qu’elle perçoit assez lourde, elle décide de la dérider un peu. Saisie d’une impulsion, elle s’empare de la main de Braedan et l’entraîne dans son sillage. « Allez, viens. » Elle a beau avoir presque trente ans, elle a encore beaucoup de la spontanéité des adolescents. En faisant le moins de bruit possible, ils quittent le balcon au profit du jardin. Ce n’est d’ailleurs qu’une fois arrivés à destination qu’elle relâche son emprise sur la main du mécanicien, un peu à regrets, et pose sa grenadine qu’elle tenait de l’autre sur la table. S’avançant vers le carré d’herbe, elle se frotte les mains et… Fait la roue. Enfin, disons qu’elle essaie. C’est presque réussi hein !… Sauf la réception, qui se fait… Sur les fesses. Il lui faut d’ailleurs une longue seconde pour le percuter, avant qu’elle n’éclate de rire. « Oh my, quel échec… » Se sentant ridicule, elle rit pourtant de plus belle. « Quand je pense à tout ce que je pouvais faire avant… » Comme quoi, faire du yoga ne permet pas à 100% de garder la frite. Les yeux pétillants, elle tourne son visage vers Braedan qu’elle invite à la rejoindre sur l’herbe. Les chaises de jardin, c’est trop solennel, trop pour les adultes. Eux, ils n’en sont pas encore là. Hum ? Si ? Non. Il faut croire que non. « Ton cousin, ton fils et toi avez une très jolie maison. Merci de m’avoir invitée. » Le complimente-t-elle, avec un large sourire.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Mar 7 Juil - 16:49



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Le léger sourire sur mon visage s’étire lorsque la jeune femme parle de mon fils qui a sans doute compris que les impressionner reste la meilleure façon d’attirer les filles dans ses filets. Je hausse les épaules et ricane, regardant en direction de la porte fermée pour ensuite regarder à nouveau Alexys. « En tout cas, il me vole la vedette pas mal facilement, il devrait pas avoir de problème plus tard, je pense. » Il m’est arrivé plus d’une fois de me faire aborder au parc par des femmes simplement pour qu’elles puissent approcher mon fils sans aucune arrière-pensée. Les gens pourront dire ce qu’ils voudront, un enfant c’est plutôt une nuisance quand on tente de draguer. Les femmes sont plus concentrées à se pâmer devant le petit blondinet qu’à vouloir faire la conversation avec moi. Sauf bien sûr s’il s’agit de parler de lui, alors là, on peut parler des heures. Le silence se fait durant quelques instants et je regrette d’avoir parlé des conquêtes de mon cousin. Après tout, elle pourrait très bien interpréter ça d’une tout autre façon. Peut-être aussi que je m’inquiète pour rien, mais j’ai appris avec mes relations passées qu’il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de la paranoïa chez les femmes, et que la moindre parole, même la plus innocente, peut semer le doute chez certaines. Si ça se trouve, elle pense peut-être que je parle des femmes que Kellyan ramène pour ne pas attirer l’attention sur mes propres conquêtes, bien qu’à ce niveau, c’est plutôt mort, en ce moment. Il faut dire que si je ne me gênais pas pour profiter de la vie – pour ne pas dire coucher à gauche et à droite sans vraiment penser aux conséquences – avant la naissance de Cay, maintenant je vis une tout autre réalité. Ma sœur m’a reproché un bon nombre de fois de ne pas chercher à m’investir dans une quelconque relation d’ailleurs, mais quand je songe à la possibilité de me caser en ce moment, je me doute que Darcy serait très heureuse d’apprendre l’identité de la jeune femme qui pourrait m’intéresser. Je propose d’ailleurs à Alexys d’aller faire un tour à l’extérieur, histoire de ne pas réveiller Cayden qui a si bien coopéré pour l’heure de la sieste. Je lui tends la main pour l’aider à se lever, et bien que ce soit tout simple comme geste, je ne peux m’empêcher de me maudire et de me trouver ridicule par la suite. Elle aurait très bien pu le faire d’elle-même après tout, mais c’est plus fort que moi. Elle s’avance vers la porte et je la suis lentement, perdu dans mes pensées, la reluquant un peu plus que je ne le devrais. D’ailleurs, lorsque je constate qu’elle me regarde, je me demande si elle a l’a remarqué et m’excuse, prétextant penser à quelque chose. Ce n’est pas tout à fait faux, en vérité. Je pense au fait que depuis la dernière fois où je l’ai vue avant qu’elle ne soit définitivement rayée de la vie de ma sœur, elle a plutôt changé. Et ce n’est pas plus mal, je préfère de loin la nouvelle version, plus adulte, et probablement moins paumée. Je ne connaissais pas trop sa vie privée, seulement les bribes que me racontait Darcy. C’était plutôt chaud chez elle avec son père, et il n’y avait personne pour la conseiller dans ses choix et mettre un frein à ses conneries avant que les choses ne deviennent trop graves. C’est fou comme le temps peut changer les gens.

Je lui adresse un sourire et c’est à son tour de me prendre la main, m’entraînant avec elle dehors. Il fait bon, le léger vent empêche le temps chaud de juillet d’être trop insupportable. Rapidement, elle choisit le jardin au profit du balcon et je dépose moi aussi au passage mon verre de sirop sur la table pour la suivre sur l’herbe. Elle lâche finalement ma main, et pendant un petit instant je me surprends à le regretter. Je hausse les sourcils alors qu’elle frotte ses mains l’une contre l’autre, un peu curieux de voir ce qu’elle va faire, puis je pouffe de rire lorsqu’elle tente une roue, mais se retrouve sur les fesses. Je n’ai même pas le temps de lui demander si elle s’est fait mal qu’elle éclate de rire à son tour, constatant son échec à voix haute. « Je ne voulais pas te le dire ainsi, mais maintenant que tu en parles, c’était pas du grand art. » Elle rit toujours et je croise les bras, puis fronce les sourcils lorsqu’elle parle de tout ce qu’elle pouvait faire avant. Elle n’est pas une grand-mère non plus, et je prends un ton faussement offusqué pour lui répondre. Après tout, s’il y a bien quelqu’un ici qui devrait ressentir un coup de vieux, c’est bien moi. « Tout ce que tu pouvais faire? Non, mais attends, tu sais que j’ai trente-six ans? C’est moi le vieux ici je te signale. » Je me penche et m’installe à ses côtés. Je suis plutôt en forme, mais je doute fort que je sois capable de faire des roulades moi aussi. Allongeant mes jambes sur l’herbe, je trouve un peu étrange de me retrouver ainsi à ses côtés. À vrai dire, d’aussi loin que je me souvienne, ce n’est jamais arrivé alors c’est tout nouveau pour moi. Je suis un peu surpris par son compliment et je baisse les yeux en rougissant, souriant doucement. C’est plutôt flatteur d’entendre ça, car ce serait mentir de dire que je n’ai pas bossé comme un fou pour pouvoir payer la maison. Certes, Kellyan aide un peu, mais je sais bien que je ne peux pas non plus toujours compter sur lui. La preuve, il est à l’hôpital et ne peut pas bosser pour le moment. Je tourne la tête en direction d’Alexys et mon regard bleu-gris croise le sien, presque noir dans lequel je peux voir mon reflet. « Merci, c’est gentil. Et tu sais, c’est normal, je pouvais quand même pas t’inviter au garage c’est pas très classe comme endroit. » Je ris un peu, à vrai dire j’aurais très bien pu l’inviter n’importe où, mais c’est plus simple ici. Ma sœur aurait forcément posé des questions si j’avais invité une fille quelque part, que ce soit au restaurant ou pour un simple café, et pour le moment je ne crois pas que Darcy ait une raison valable de piquer une crise. La brunette veut probablement être gentille après le service que je lui ai rendu au garage, et si ça se trouve en l’invitant ici je ne fais que m’enliser dans la friendzone. Quoique l’on n’ait jamais été amis, dans un sens.

Mon regard se porte sur la cour arrière des voisines et je constate que l’une d’entre elles nous observe par la porte vitrée. Je ne dis rien et fais mine de ne pas l’avoir vue, mais je me doute bien que dès qu’elle en aura la chance, elle me posera mille et une questions à propos de la jolie brune qui m’accompagne cet après-midi dans le jardin. Elle ne manque jamais une occasion de se mêler de ce qui ne la regarde pas, de toute façon. Mon attention se rapporte à nouveau vers Alexys et je lui souris doucement, cherchant un nouveau sujet de conversation. On a déjà parlé des banalités la première fois, mais j’ai peur de m’aventurer un peu trop loin en lui posant certaines questions. « C’est quand même fou, douze ans. Je commençais à me trouver vieux, mais là, en te voyant débarquer au garage…T’as vraiment changé, je me sentais presque comme mon père. » Je rigole un peu avant de reprendre, avec un peu plus de précision. « Enfin, changé dans le sens que tu es plus la fillette qui venait jouer à la poupée chez nous quoi… » Je me tais et rougis. Je ne rougis pas d’habitude, mais là je ne sais pas trop comment gérer la situation avec Alexys. D’un côté, j’ai peur qu’elle prenne mal mes commentaires et de l’autre, je crève d’envie de lui poser tout un tas de questions personnelles, mais je me retiens de peur qu’elle ne prenne la fuite. Je m’allonge sur le dos en fixant le ciel, et mon bras effleure le sien au passage, mais je ne dis rien, ne m’en préoccupant pas vraiment. Finalement, je cède. Tant pis, le pire qui peut arriver, c’est qu’elle flippe et ne revienne plus, et ça ne serait pas la première fois que je la perdrais de vue. Je prends une grande respiration et tente de prendre le ton le plus naturel possible. « Sinon, on a parlé de plein de trucs, mais tu ne m’as pas dit si tu avais quelqu’un dans ta vie? Enfin, je suppose que oui, après tout ce temps… » Je ris doucement et tourne la tête vers elle, plongeant mon regard dans le sien. C’est fou ce qu’elle est jolie, et je me sens d’ailleurs un peu coupable de le penser. C’est tout de même l’ancienne meilleure amie de Darcy, la bien-plus-jeune-que-moi ancienne meilleure amie de Darcy. « Enfin, si tu ne veux pas en parler je t’oblige pas, hein. Je sais ce que c’est les histoires pourries, de toute façon, je suis un spécialiste. » J’essaie de détendre l’atmosphère, histoire qu’elle ne se sente pas obligée de répondre si le sujet la gêne. C’est vrai que je suis doué pour les histoires pourries qui tournent mal. Ou pour me placer dans des situations particulièrement inconfortables aussi. Je glisse mes mains sur ma nuque pour appuyer ma tête, me mordillant le coin de la lèvre un peu nerveusement.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Mar 7 Juil - 19:27

Elle fait la roue, se vautre, et il rit. Dieu, que c'est agréable, autant de simplicité. Il aurait pu lui demander quel était son problème, avoir l'air gêné, n'importe quoi... Mais il rit. Ce n'est peut-être pas grand chose, mais pour Alexys, exubérante depuis toujours, c'est beaucoup. Elle ne compte plus les fois où on a tenté de la brider, où on l'a dévisagée de ces regards lourds de condescendance après une ânerie ou, pire, certains se sont cachés pour ne pas être vus avec elle en public... Bien sûr, au fil de ses errances, elle a trouvé des gens parfaitement à l'aise avec son naturel spontané, et a donc appris à laisser tomber aussi sec ceux qui seraient trop coincés... Elle est ravie que Braedan ne soit pas de ceux là. En guise de réponse à son commentaire, elle lui tire la langue. Bien fait, non ? Quoique le sourire persistant au coin de ses lèvres lui ôte sa crédibilité de façon singulière...

Trente-six ans, qu'il scande avoir. Trente-six... Et bien... « Tu ne les fais pas. » est tout ce qu'elle trouve à répondre à ça. D'amusement, elle fronce légèrement le nez, ses yeux quant à eux, pétillent. « Ça doit être la magie de la barbe. » Ou alors, elle est juste nulle pour évaluer l'âge des gens, ce qui est la plus grande des probabilités. Il faut dire aussi que l'âge papier ne l'intéresse pas, et ne l'a jamais fait. Après tout, ce n'est pas parce qu'une personne brandit sa carte d'identité pour attester qu'il est majeur qu'il l'est dans sa tête, et s'il y a bien une chose qu'elle a apprise au cours de ses voyages, c'est de se fier d'avantage à ce que les gens ont dans la tête qu'entre les mains. Après tout, l'argent et les choses matérielles vont et viennent, aident indéniablement. Mais dans le fond, ce n'est pas ce qui rend vraiment heureux. Elle en tous cas n'a jamais été plus heureuse en Mercedes qu'elle ne l'est à vélo. Dans cet état d'esprit, elle préfère de loin un homme un peu plus vieux avec de l'humour et le goût du travail, qu'un gros fat richissime qui l'exhiberait dans tous les cocktails mondains. Certes, elle aurait des robes à tomber et serait dotée de bijoux qui valent, pièce, trois fois le prix de toutes ses possessions mises bout à bout, mais ça ne l'empêcherait pas de s'ennuyer ferme... Là, sous le soleil de Juillet, à la merci d'une petite brise fraîche, n'est-elle pas mieux qu'enfermée dans un carcan d'hypocrisie mesquine ? Elle, elle le croit. Et c'est à Braedan qu'elle doit.

Il est difficile d'être catégorique à cause de la barbe, mais elle jurerait qu'il rougit quand elle le complimente. Le résultat est le même, elle sourit. « Oh tu sais, je suis sûre que ça serait passionnant de te regarder travailler. J'apprendrai probablement beaucoup de choses... » Phrase qui n'appelle pas de réponse, puisque c'est avec une conviction de fer qu'elle la déclame. Elle n'y connaît pas grand chose en mécanique, mais a la qualité de s'intéresser à tous les sujets. Elle est un brin feignante par moment, aussi ne pousse-t-elle que rarement à fond ses investigations, mais sa curiosité à l'encontre de l'inconnu est sans bornes. Par exemple, depuis qu'elle a vu faire Braedan, elle se sait capable de changer une roue, ce qui n'est pas rien ! « … Mais si tu veux, la prochaine fois, on ira chez moi ? » Invitation en bonne et due forme, histoire de faire bonne mesure. Et aussi, elle a très envie de lui montrer son chez elle qui, certes, ne dégueule pas le luxe de la réussite pécuniaire, mais qu'elle trouve douillet et imagine pouvoir lui plaire. En dehors de Grace, Alexys n'a jamais souhaité impressionner qui que ce soit, ayant toujours vécu pour elle-même, aussi ce sentiment est-il nouveau pour elle. Elle ne se l'explique pas, mais elle se sent tributaire de la façon dont Braedan la voit, désire ardemment qu'il en soit fier. C'est plus qu'une envie de séduction. Après tout, quand elle est partie de Kelowna, elle n'avait rien, ni parent à proprement parler, ni relation. Elle s'est faite toute seule (enfin presque) et c'est important pour elle qu'il constate qu'elle n'a plus rien de l'adolescente qu'elle était quand il a dû l'emmener à l'hôpital. C'est important pour elle qu'il constate, de ses yeux, qu'elle est adulte et sait faire des trucs d'adulte, que même elle n'aurait pas cru possibles, comme gérer un budget, un appartement... En gros, qu'elle est devenue responsable, fiable. Elle ignore pourquoi c'est aussi important pour elle, mais ça l'est, indubitablement.

Son regard finit par dévier, et c'est plus fort qu'elle, elle est obligée de le suivre. En courant d'air, avant qu'elle ne s'éclipse, son regard croise celui de la voisine de Braedan. L'idée d'être épiée de la sorte la fait rire un peu. « Te retourne pas, on nous observe... » qu'elle lui lance, en chuchotant, avant de secouer la tête en signe de négation. L'indiscrétion des voisins... L'avantage de son immeuble, c'est que les loyers sont tellement bas qu'ils sont souvent occupés par des étudiants, payés par leurs parents, lui a confié le propriétaire lors de la visite. De ce fait, elle sait que, si elle décide de rester là, elle n'aura jamais trois ans de suite les mêmes voisins, et qu'à cet âge là, on se moque bien de ce que peut faire la « dame » du Troisième, tant qu'elle saoule pas avec la musique. Mais dans le temps, elle se souvient que certaines indiscrétions de la part des voisins avaient agacé ses parents... Son regard revenant vers Braedan, qui l'avait vue, pour sûr, même s'il faisait mine que non, elle se demande ce qu'il pense du fait de se faire espionner par sa voisine...

Si elle doit l'apprendre, ce ne sera pas aujourd'hui, puisqu'après ce court entracte, il relance la conversation sur un sujet qui les concerne tous les deux... Et à l'entente de ses réflexions, Alexys ne peut faire autrement que de hausser un sourcil, perplexe... Avant de rire un peu, gentiment, de la maladresse de l'homme qui lui fait face. Dans ses souvenirs, Braedan était loin d'être aussi gauche... Mais, autant qu'elle s'en souvienne, il n'avait jamais fait montre d'un intérêt supérieur pour ses conquêtes... Quoiqu'il en soit, le rire de la jeune femme se joint au sien, tandis que sa tête se hoche en signe d'assentiment. « Heureusement, quelque part... » C'est vrai qu'il serait inquiétant qu'elle joue toujours à la poupée à bientôt trente ans... Mais le plus notable là-dedans, c'est surtout la dernière partie de sa réflexion, qui voit naître dans l’œil d'Alexys l'ombre de la lubricité, et sur ses lèvres... « Je suis aussi adulte que toi maintenant. Les jeux n'ont pas cessé, ils ont simplement... Evolué. » Le regard qu'elle lui lance est entendu, presque trop. Ne lui a-t-on pas régulièrement répété qu'il fallait en faire des tonnes pour que les hommes comprennent les signaux que leur envoient les femmes ? Presque gênée de sa réflexion, qu'elle imagine trop scabreuse pour l'instant, elle finit par détourner le regard, rougissant à son tour.

Le fait qu'il s'allonge lui laisse supposer qu'effectivement, il n'a probablement pas relevé le caractère tendancieux de sa réplique. Une chance ? Peut-être, peut-être pas. Dans son mouvement, le bras de Braedan a frôlé le sien, et sa réaction, à savoir l'estomac qui lui donne l'impression de se replier sur lui-même, commence à l'effrayer. Ça sent mauvais pour elle, et le pire là-dedans, c'est qu'elle ne cherche même pas à lutter, ne serait-ce qu'un peu... Telle qu'elle se représente, elle court droit vers un précipice sans même vérifier qu'elle a un parachute... Et elle s'en fout. Peu de temps après lui, elle s'allonge, mais sur le côté et comme il est de coutume dans ce genre de moment, elle se met à jouer avec l'herbe, l'arrachant brin par brin... et les déposant un à un, sourire aux lèvres, sur Braedan. Tantôt sur son tee-shirt, tantôt en guise de décoration dans sa barbe, dans laquelle elle accroche plus volontiers des marguerites. Elle suspend ses gestes, cependant, à la question qu'il lui pose, et pour cause, son cœur manque un battement. Pendant plusieurs secondes, elle le regarde, muette, cherchant d'une part à déterminer s'il avait bien dit ce qu'elle pensait avoir entendu, et d'autre part à si, en réponse à cette question, elle pouvait se permettre de prendre l'initiative... Cette dernière option la démange sérieusement, au point qu'elle se tâte à plusieurs reprises à sauter dans le vide, et faire ce geste tout simple qu'est celui de poser ses lèvres sur les siennes. Malheureusement pour elle, sa couardise, véritable boulet, l'en dissuade, et c'est quand il se remet à parler qu'elle abandonne tout à fait l'idée, se contentant de sourire avec un brin de timidité. « On est deux dans ce cas... » est donc sa réponse. « On ne peut pas dire que mes expériences aient été brillantes... Ma plus longue relation a duré trois ans. Les autres, de quelques mois à un an. » Évasive pour commencer, elle prend le temps de tous se les remémorer. De l'artiste fauché au riche courtier en bourse, elle pouvait se vanter d'avoir tenté avec tous les archétypes. Même celui du mec sympa et sans histoires. ..

Ne retenant pas un soupir, elle s'allonge à côté de lui et se perd dans la contemplation du ciel et des quelques nuages d'un blanc laiteux qu'il charriait. « Regarde celui-là, on dirait un lapin ! » lance-t-elle d'ailleurs, pointant l'un d'eux de l'index. Et après ce petit aparté, se décide à reprendre. « C'est difficile de construire quelque chose quand tu n'es pas sûr de rester au même endroit. Depuis que je suis partie, j'ai déménagé très souvent, soit parce que ça m'était égal de décevoir, soit parce que moi-même j'ai été déçue. » Ce qui était arrivé à peu près aussi souvent que le contraire. Si elle a laissé s'échapper des chances d'être heureuse ? Oui, certainement. Philosophe, elle espère que ce fut un mal pour des biens à venir, et tourne de ce fait la tête vers ce qui pourrait en être un ? Doucement, sa bouche s'étire en sourire, qui s'achève par un petit rire. « Tu vas trouver ça cucul à crever, mais plus j'avance, plus je me dis que tu dois le savoir, au fond de tes tripes, quand tu es avec la bonne personne. Ça doit être viscéral, tu vois ce que je veux dire ? Genre, une relation où tu es en équipe contre le monde entier, où tu te sens investi d'une puissance sans limite pour peu que tu entendes de l'autre « Je suis avec toi sur ce coup là. ». » Pour avoir déjà été témoin de ce genre de relation, elle sait que ça existe. Pour elle ? Probablement pas. Elle l'aurait déjà ressenti sinon, non ? Et ses parents ? Ça doit être de famille. Les enfants ne sont-ils pas prédestinés à accomplir les mêmes erreurs que leurs parents ? Lexie baisse les yeux, puis les relève vers Braedan. La vue des petites marguerites dans sa barbe lui redonne un petit sourire. « Et toi, Champion ? Raconte-moi un peu comment tu as gagné tes galons de spécialiste ? »

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Mar 7 Juil - 22:12



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Je souris doucement quand elle me dit que je ne fais pas mes trente-six ans. Elle ne doit pas être trop forte pour deviner l’âge des gens alors, parce qu’on me nargue assez souvent à propos de mon âge. Même mon fils se plaît à me faire remarquer que je me fais vieux, et le gamin n’a que trois ans. Elle parle de ma barbe et je ricane, passant instinctivement ma main dans celle-ci. Souriant toujours, je la fixe le regard pétillant avant de lui répondre sur un ton blagueur. « Dommage, j’aurais aimé entendre que c’était à cause de mon corps d’athlète, mais bon, si tu veux, va pour la barbe. » Elle complimente bientôt la maison, et je suis plutôt flatté par ce qu’elle me dit. Je me rappelle mon retour de Vancouver qui n’a pas été facile du tout. On a été plusieurs mois à vivre à trois dans mon ancien appartement avant que je n’arrive à trouver la maison. Un souvenir plutôt désagréable quand j’y pense, puisque l’on était entassés dans le petit appart du centre-ville tous les trois avec Kellyan et ce n’était pas particulièrement la joie pour lui de vivre avec un bébé naissant dans les pattes. À notre arrivée ici, la maison n’était pas la plus jolie, mais avec quelques rénovations, un coup de peinture et du jardinage, j’ai réussi à en faire quelque chose de plutôt bien. En vérité, si Kellyan est une véritable ménagère, c’est plutôt moi le bricoleur des deux. Modestement, je lui dis que c’est normal de l’avoir invitée ici, car le garage n’était pas vraiment un endroit sympathique pour une rencontre. Je ne peux que sourire à sa réponse, quand elle mentionne qu’elle pourrait apprendre beaucoup de choses en me regardant travailler. En tout cas, il est certain que si elle restait là, m’observant toute la journée, je serais incapable de me concentrer sur le travail, bien plus intéressé par la présence de la jolie brune. Déjà que je ne suis pas la personne la plus attentive qui soit, il m’en faut peu pour perdre de l’intérêt sur ce que je fais et m’intéresser à autre chose à la place. Et Alexys est nettement plus intéressante qu’on moteur plein d’huile, ça, c’est certain. Je souris doucement une nouvelle fois à cette pensée, et lorsqu’elle me parle d’aller chez elle la prochaine fois, je suis un peu surpris. Je la fixe d’un air étonné, surtout car je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait une « prochaine fois » pour nous deux. À ce moment précis, je m’imagine un million de choses, et tout un tas de possibilités se met à défiler dans ma tête. Et si au final, je m’en faisais pour rien? Peut-être qu’elle ne s’enfuira pas en courant, si ça se trouve, et qu’elle est nostalgique du temps où elle venait à la maison? C’est peut-être bien ça, en fin de compte. Pour toutes ces fois où elle a squatté la maison de mes parents, elle veut m’inviter, à défaut de pouvoir faire pareil avec Darcy. J’ai une pensée pour ma sœur, ça m’attriste qu’elle soit aussi butée, car je suis persuadé qu’elles pourraient faire la paix et s’entendre. Enfin, ce serait sans doute idéal pour moi, je n’aurais pas à me sentir aussi coupable, et cette impression désagréable de jouer sur deux tableaux à la fois. « Oui, ce serait bien…je serais ravi, oui! » Je sors de mes pensées pour finalement accepter, chose que j’avais oublié de faire. J’ai toujours été un peu perdu, de toute façon, ça n’a certainement pas changé même avec les douze années qui se sont écoulées.

Je détourne la tête et oh surprise, la mégère observe la scène de sa porte vitrée. Ça ne m’étonne pas vraiment, comme elle semble suivre ma vie avec beaucoup d’intérêt. Enfin, je dis la mienne, mais Kellyan est aussi une victime de celle-ci. Elle doit vraiment avoir une vie ennuyeuse pour porter autant d’intérêt à la nôtre. Certes, parfois il m’arrive de jouer un peu avec le feu, par exemple ces fois où je sors arroser les plantes sans prendre la peine de m’habiller et qu’elle insiste pour que j’enfile un truc avant de sortir, prétextant que « ça ne l’intéresse pas de me connaître aussi intimement ». J’entends Alexys qui me prévient que l’on est observé et un sourire se dessine sur mes lèvres bien que je ne réponde pas. Peut-être qu’un jour je lui raconterai les péripéties avec la voisine, mais je crois que je vais éviter de la traumatiser tout de suite en lui parlant de mon léger penchant pour la nudité. Mon attention se reporte sur elle et j’en oublie la voisine, ce qui n’est pas bien difficile quand on regarde la jolie brune au teint hâlé. Douze ans, ce n’est pas rien, c’est énorme même. Il s’est passé un tas de choses depuis la dernière fois où nous nous sommes vus, autant dans ma vie que dans la sienne j’en suis persuadé. Je lui fais part de mes pensées, un peu maladroitement d’ailleurs et je ris nerveusement, me traitant d’idiot intérieurement alors que je ressens le besoin de préciser qu’elle a changé parce qu’elle ne ressemble plus en rien à la fillette qui venait passer du temps à la maison pour jouer à la poupée avec Darcy. Je prie pour qu’elle n’interprète pas mes paroles dans un mauvais sens, mais au contraire elle semble les prendre plutôt bien. Peut-être un peu trop bien d’ailleurs. Alors que je commence à reprendre une teinte normale, voilà que je me remets à rougir et mes mains deviennent moites alors qu’elle mentionne qu’elle est aussi adulte que moi, à présent. J’avais remarqué, ça, c’est certain, même si j’aurais préféré me mentir encore un peu. La suite de ses paroles me fait baisser les yeux sur l’herbe et je ne sais pas comment interpréter ses mots. Elle détourne elle aussi le regard, sans doute qu’elle a réalisé que ses paroles étaient peut-être un peu trop audacieuses. Je ne sais pas comment interpréter celles-ci d’ailleurs, et bien que j’aimerais leur donner une définition beaucoup plus innocente, les images qui me viennent en tête ne le sont certainement pas. « Je me souviens que vous aimiez bien cacher mes trucs à une époque, toi et ma sœur… J’espère que j’aurai pas à cacher mon coffre à outils quand tu es dans les parages! » Je prends un ton blagueur pour détendre l’atmosphère qui soudainement s’est alourdie. Je m’allonge ensuite sur le sol, fixant le ciel dans cette position. Je ne réalise pas que j’ai frôlé son bras, ou plutôt préfère ne pas y porter attention. Après tout, si je me mets à me soucier du moindre détail dans ce genre, je vais passer ma soirée à calculer mes moindres faits et gestes.

Sans grande surprise, Alexys s’allonge à son tour, sur le côté pour sa part. Mon cœur se met à tambouriner plus fort dans ma poitrine et pour un homme de trente-six ans, je me sens plutôt comme un adolescent nerveux à son premier rencart. J’entends les brins d’herbe qui s’arrachent et alors que je la regarde d’un air interrogateur, je vois finalement ce qu’elle fait, soit déposer quelques bouts de gazon sur moi, puis finalement elle en vient même à déposer des marguerites dans ma barbe. Je dois avoir l’air parfaitement ridicule comme ça, mais je tente d’en faire abstraction. À vrai dire, j’hésite à lui poser la fameuse question qui me trotte dans la tête depuis la fois où elle est venue au garage. Je crains qu’elle ne se braque par la suite et disparaisse, me laissant seul recouvert d’herbe et de marguerites. Je me lance finalement, et je me mords la lèvre inférieure à sa réaction, craignant d’avoir fait une connerie. Elle reste immobile, et ne sachant pas trop comment prendre sa réaction, je poursuis et la rassure pour lui faire comprendre qu’elle n’est pas obligée de parler de sa vie personnelle. Je fais allusion à ma vie personnelle plutôt catastrophique, dont je préfère rire à présent, car je passerais sans doute ma vie à déprimer. Elle rit doucement et soudainement, Alexys semble plus timide. Je souris à mon tour et l’écoute parler alors qu’elle me raconte que ses relations n’ont pas été fabuleuses non plus. Certes, avec Elisabeth, on pourrait presque dire que les choses ont duré longtemps, mais avec toutes les engueulades et les fois où elle a disparu, ce n’était pas une relation particulièrement glorieuse. J’acquiesce et reste silencieux, après tout si elle ne veut pas en parler plus que ça, je ne la pousserai pas, ça ne me regarde pas de toute façon. Je sursaute quand elle pointe le ciel en direction d’un nuage, s’exclamant que l’un d’eux ressemble à un lapin. J’éclate de rire, finalement elle n’est peut-être pas aussi adulte qu’elle le prétend. Je redeviens sérieux et elle aussi alors qu’elle recommence à parler, m’expliquant qu’elle a beaucoup voyagé, donc n’a pas eu vraiment l’occasion de construire de relations sérieuses. Elle se dévoile peu à peu, parlant non seulement de ses voyages, mais aussi de sa façon de voir les choses. Je ne peux m’empêcher de sourire moi aussi quand elle me parle de sa façon de voir l’amour, la bonne personne. Je regarde le ciel un instant, n’osant pas vraiment lui donner ma version des choses. À vrai dire, j’ai eu tellement souvent ce sentiment d’être avec la bonne personne, elle risque de me prendre pour un idiot si je lui dis ça.

Mon regard se reporte sur la brunette qui me fixe en souriant, sans doute à cause de ma barbe légèrement fleurie. Je ricane à sa question et passe finalement ma main dans ma barbe, y retirant les fleurs avant de me redresser, me retrouvant à nouveau assis dans l’herbe. Allongé, j’ai peur de faire quelque chose que je regretterais ensuite. Pensif, je regarde en direction de la maison, puis mon regard se pose à nouveau sur elle. « Spécialiste? Tu vas me donner mauvaise réputation… » Je glousse avant de reprendre, enlevant les brins d’herbe sur mon t-shirt. « À vrai dire, tu demanderais à mon cousin, il te dirait que je suis du genre à tomber amoureux de la première fille qui passe, alors disons que mis à part être le spécialiste des déceptions, je ne suis pas grand-chose. » Je lui adresse un petit sourire timide, puis repense à mes expériences passées. « En fait, t’as devant toi un homme divorcé, pour tout dire! » Si j’avais le cœur brisé au début en pensant à cette histoire, maintenant je trouve cette étape de ma vie totalement ridicule. Je poursuis, car je me doute que j’aurai besoin de m’expliquer. « C’était à Vegas, j’avais 22 ans et ça a duré une année entière. Puis elle est partie, parce que forcément ça pouvait pas durer. J’ai eu le cœur brisé. » Je grimace, puis regarde le sol. C’est à mon tour d’arracher de l’herbe, bien que je résiste à l’envie de laisser tomber celle-ci sur son t-shirt. « Puis il y a eu la mère de Cay, mais elle, je crois que l’on s’est quittés plus de fois que tout le temps où l’on a été ensemble. D’ailleurs, t’as de la chance, il y a sans doute une personne au monde que ma sœur déteste encore plus que toi. » Je lui adresse un sourire moqueur puis réalise ma gaffe. « Désolé, je voulais pas dire ça… » Je me sens stupide et j’ai l’impression d’avoir tout gâché, à présent. Je me mords la lèvre inférieure, puis détourne la tête, cherchant une façon de me faire pardonner. « Tu sais, Darcy, elle a un sacré caractère… Je sais que ce qu’elle a fait, c’était pas cool du tout, et je suis vraiment désolé parce que bon, t’étais juste une gamine quoi, on fait tous des erreurs… C’est vraiment nul parce que je te vois là maintenant et… » Je ne finis pas ma phrase, et mon regard plongé dans ses iris presque noirs se baisse. Je m’humecte les lèvres, ne sachant plus quoi dire. Je me relève, me trouvant particulièrement idiot, et lui tends la main pour l’aider à faire de même. « Tu as faim? Je pensais commander une pizza, si tu veux rester… » Mon regard croise le sien et je tente de faire abstraction de mon petit discours d’il y a à peine quelques minutes, comme s’il ne s’était rien passé.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Mer 8 Juil - 9:34


Elle n’en jurerait pas, mais l’invitation qu’elle lui lance à, la prochaine fois, venir chez elle semble le troubler. A-t-elle gaffé ? Le temps qu’il met à se rassembler avec lui-même semble durer une éternité à Alexys, qui attend, patiemment, un oui ou un non, sans vraiment se préparer à recevoir un non… L’entreprise aurait été superflue de toute façon, puisqu’il finit par accepter, ce qui ne manque pas de mettre la jeune femme en joie. Puis la discussion reprend son cours, avec ses hauts, ses bas, la masseuse ne retenant pas un petit rire en entendant Braedan évoquer la sale manie qu’avaient Darcy et elle de toujours l’enquiquiner. « Ton coffre à outils, non. Des choses un peu plus essentielles, un peu plus petites, peut-être ! » Lui répond-t-elle, sur le même ton léger. La menace est à prendre au sérieux cela dit, ça l’avait toujours amusée de le faire râler. Peut-être qu’une fois de retour à l’intérieur, elle cacherait la télécommande après avoir zappé sur une chaîne enfants. Ça ravirait probablement Cayden tout en rendant chèvre son père, d’une pierre deux coups. Si ses yeux pétillent, trahissant ses pensées, la discussion à ce propos s’arrête ici, et, tous deux s’allongeant, chacun s’abandonne à la liberté d’une retraite pensive.

Toute à la sienne, Alexys prend le temps de dévisager Braedan à son aise, sans insistance. Du grain de sa peau aux pâtes d’oies naissantes aux coins de ses yeux, jusqu’au rose pâle de ses lèvres, tranchant au milieu des broussailles blondes qui constituent sa barbe, aucun centimètre carré de son visage n’est épargné de sa discrète inspection, qui ne s’arrête que lorsqu’il lui pose une question d’ordre… Plutôt personnel. Plutôt pudique, elle n’est pas du genre à partager les détails de sa vie privée avec n’importe qui. La première de ses confidentes, et l’une des seules, est Grace, en qui elle trouve un soutien indéfectible depuis de nombreuses années. Pour autant, elle n’a jamais évoqué Braedan avec elle, tout simplement parce qu’au jour d’aujourd’hui, elle a plus besoin d’Alexys qu’Alexys n’a besoin d’elle. Face à son instance de divorce, le retour dans sa vie de son béguin d’adolescente, dusse-t-il être toujours un béguin, est loin d’être une priorité. Elle est donc seule avec elle-même et ses décisions sur ce coup-là, et quand bien même on aurait pu lui conseiller de se taire sur ses expériences passées, la jeune femme se sent suffisamment à l’aise avec le mécanicien que pour faire un pas vers lui et lui ouvrir l’une de ses nombreuses portes. Ce qui l’inquiète véritablement, alors qu’elle s’allonge et lui raconte, s’ouvre à lui, c’est qu’elle ignore encore jusqu’où elle serait prête à abandonner ses défenses, pour lui… Elle pourrait finir par le regretter, mais préfère ne pas y penser pour le moment, et voir plutôt si lui a des réserves vis-à-vis d’elle.

A l’entendre, il semblerait que non. L’ayant toujours connu volage, Alexys ne peut pas dire qu’elle soit surprise de son tumultueux parcours… Même si ça la peine qu’il ait dû faire face à tellement d’écueils. Au final, lui comme elle sont des rescapés, à la différence qu’elle n’a pas, contrairement à lui, un enfant pour lui rappeler son caractère impulsif et l’ombre d’une personne aimée, aujourd’hui disparue. Quelqu’un de plus psychologue qu’elle aurait exprimé sa compassion avec des mots. Plus tactile, Alexys se contente de tendre la main pour s’emparer de la sienne et de la serrer avec empathie… Jusqu’au moment où il lui lance tout de go que Darcy la hait toujours. Incroyable mais vrai, la jeune femme était tellement absorbée par les péripéties de son frère qu’il lui faut plusieurs secondes pour percuter, plus que Braedan en fait, et qu’elle ne réalise vraiment ce qu’il lui a dit qu’une fois qu’il s’excuse de sa maladresse. Perplexe face à son propre manque de réaction à l’entente de la nouvelle, Alexys reste muette, s’écoute, tente de percevoir, de chercher si au fond, ça lui fait du mal… Mais non. Ses sourcils se froncent légèrement. Au moins, ça a le mérite d’être clair est tout ce qui lui passe par la tête. Quant aux excuses empressées de Braedan…

Elle le dévisage, toujours perplexe. L’envie de lui demander pourquoi il essaie de lui trouver des excuses se fait de plus en plus insistante, mais elle n’est pas certaine de vouloir la réponse. Par contre, elle n’est pas prête à le laisser partir, certainement pas comme ça. Quand il se relève, sa poigne se resserre légèrement sur sa main. Bien qu’il tente à nouveau de noyer le poisson en changeant de sujet, il n’est pas question qu’Alexys laisse faire, parce qu’elle sait que les non-dits finiront par les pourrir, tôt ou tard. C’est donc à dessein qu’elle ignore la question à propos de la pizza, ainsi que la seconde main tendue du mécanicien. En place et lieu, elle l’attire doucement vers le sol, pour l’obliger à se rasseoir face à elle. Elle ne semble ni en colère, ni triste, ni quoique ce soit. Juste… Mature, un léger sourire aux lèvres exprimant un peu de tendre nostalgie, mais surtout beaucoup de résolution.

Une fois Braedan rassit, elle s’assied en tailleur et se rapproche, de sorte à ce qu’ils tournent le dos à la voisine indiscrète, accolant son épaule contre la sienne pour pouvoir parler bas, et ainsi, être certaine que personne n’entendra leur conversation. Détail ayant son importance à préciser, elle serre toujours la main de l’homme dans la sienne, et même la tient-elle maintenant de ses deux mains. « Ça fait deux fois que tu évoques Darcy, deux fois que tu t’assombris en le faisant, je pense qu’il est important qu’on crève l’abcès. » Se disant, elle lui sourit avec tendresse. Baissant les yeux, elle s’accorde un bref moment de silence pour rassembler ses pensées, et se lance. « Tu sais, j’ai toujours une certaine tendresse pour ta sœur, mais elle est surtout due aux bons souvenirs que j’en garde… Je ne sais pas ce qu’elle est devenue à l’heure actuelle, mais tout le mal que je lui souhaite, c’est d’être heureuse et épanouie. Je n’ai pas la moindre rancœur la concernant. C’est en partie parce qu’elle m’a claqué le museau à l’hôpital ce fameux soir que j’ai pu prendre conscience de tout ce qui n’allait pas et remuer. Quelque part, je lui dois beaucoup. » Elle parle lentement, avec calme. En fait, ça l’apaise de mettre des mots sur ce qu’elle ressent pour Darcy, ça la soulage, elle est visiblement un peu plus légère à chaque phrase. « Je suis désolée d’apprendre que, pour sa part, elle éprouve encore de la haine contre moi mais très sincèrement… » Elle hausse les épaules. « Ça m'est égal. Il y a longtemps que j’ai intégré le fait qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, et même si j’ai encore beaucoup de tendresse à l’égard de Darcy, son avis me concernant ne me touche plus, puisqu’il concerne une personne qui n’existe plus. » Tendre, elle sourit à Braedan. « Là où ça devient délicat, c’est vis-à-vis de toi. Je comprends mieux pourquoi à certains moments tu as eu l’air mal à l’aise… Elle a toujours beaucoup compté pour toi et je n’imagine pas que les choses aient changé entre vous. » Son sourire s’élargit un peu plus. Quelle merveilleuse relation ils ont, tous les deux… « Je ne suis pas certaine de comprendre pourquoi tu m’as invitée aujourd’hui malgré l’inimitié de ta sœur à mon encontre, mais ce dont je suis certaine, c’est que j’ai adoré tomber sur toi l’autre jour, et j’ai été très contente de te voir aujourd’hui. » Avec douceur, elle lui donne un très léger coup d’épaule. « J’ai appris beaucoup de choses ces dernières années, notamment qu’obtenir la bénédiction des autres est assez surfait… Il y aura toujours quelqu’un pour te la refuser. Parfois, c’est bien d’être égoïste. Donc… » Inconsciemment, elle s’était mise à jouer avec les doigts du mécanicien depuis plusieurs minutes déjà. Lui mettant la paume vers le ciel, elle se met alors à y tracer des arabesques, du bout de l’index, un peu distraite. « Si tu veux toujours partager une pizza avec moi, j’en voudrai une avec des peppéronis, et si tu préfères que je m'en aille parce que la situation est trop inconfortable pour toi, je le comprendrai aussi. » Un brin naïve, elle se met à lui sourire largement. Non, elle ne laissera pas ni le fantôme de son ancienne meilleure amie, ni qui que ce soit l’empêcher de faire ce qu’elle veut. La relation qui l’unit à Braedan, pour autant qu’elle soit, ne les concerne que lui et elle, voire Cayden parce que c’est un enfant, et un enfant en bas âge. Mais Darcy ? Ça ne peut, selon Alexys, devenir ses oignons que si elle avait dans l’idée de jouer un tour de cochon à son frère, ce qui n’est pas le cas. Alors quoi ? Alors, si Braedan décide d’écouter l’avis de sa sœur, c’est son droit le plus absolu. En ce qui concerne la masseuse, l’opinion que son ancienne amie conserve d’elle lui passe vingt mille lieues au-dessus de la tête… « Et ne te sens jamais gêné de me parler de Darcy. Ça ne m’ennuie pas du tout. Et puis, si tu ne le faisais pas, ça rognerait en partie le fait que tu sois toi, et ça serait dommage. » Se disant, sa tête s’incline légèrement sur le côté, tandis que son sourire s’élargit. Indubitablement, elle en a fait du chemin depuis qu’elle a quitté Kelowna !

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Mer 8 Juil - 16:13



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

C’est surtout pour chasser les sous-entendus que j’ai fait allusion aux « jeux » d’Alexys et Darcy qui s’amusaient à cacher mes affaires lorsqu’elles étaient plus jeunes et parlé de mon coffre à outils, mais ça ne semble pas du tout gêner la brunette qui renchérit, parlant de biens plus précieux et plus petits qu’un simple coffre à outils. Je prends un air faussement offusqué, intérieurement plutôt soulagé qu’elle ne semble pas avoir remarqué ma courbette pour détourner la conversation. « Tu sauras que mon coffre à outils, c’est un bien très précieux. » Allongé dans l’herbe, elle me rejoint et alors que je pensais m’être sauvé de mon imagination un peu trop fertile à mon goût, la jeune femme se met à laisser tomber des brins de gazon sur mon t-shirt et sur mes bras, et je frissonne au contact de ses doigts lorsqu’elle dépose les marguerites dans ma barbe. Je dois avoir l’air parfaitement ridicule, comme ça, mais préfère ne rien dire, observant d’un air intrigué Alexys qui semble plutôt bien s’amuser à me « décorer » de la sorte. Son jeu prend fin toutefois lorsque je décide de me lancer, lui posant la question qui me trotte dans la tête depuis que je l’ai recroisée ce jour-là au garage, un peu dépassée par l’incident qui venait de lui arriver visiblement. Un peu normal quand votre voiture tombe en panne en plein milieu de nulle part sur une route quasi déserte de Kelowna. Ça m’avait un peu fait rire, et si j’ai pensé à ce moment-là que le hasard faisait plutôt bien les choses et qu’il y avait forcément une bonne raison pour que l’on se recroise ainsi douze ans plus tard, je préférais ne pas me faire d’illusions, me questionnant sur la vie personnelle de la jeune femme. Alors que je me répétais que Darcy me tuerait si elle apprenait que je la revoyais simplement en tant qu’« amie », je ne pouvais m’empêcher d’avoir envie de lui demander si quelqu’un partageait sa vie. Une réponse qui ne tarde pas vraiment à se faire connaître, en fin de compte, puisqu’elle se met à me raconter qu’elle a beaucoup voyagé sans jamais rester bien longtemps au même endroit. Il n’y a pas si longtemps qu’elle est de retour en ville, et même si je ne doute pas une seconde que les suggestions ont dû être nombreuses, visiblement la jolie brunette semble être libre comme l’air, ce qui n’est pas si mal en soi. Enfin, pour moi, en tout cas. Bientôt, c’est à mon tour de devoir m’expliquer et elle me renvoie la balle. Je souris quand elle me compare à un « spécialiste », ce qui n’est pas forcément très flatteur quand on y pense bien. En même temps, elle m’a connu plutôt volage, et il est vrai qu’à une certaine époque je ne me posais pas vraiment, courant à gauche et à droite après les jupes du quartier – au grand désespoir de mes parents d’ailleurs – sans jamais chercher quelque chose de plus stable. En même temps, j’étais jeune, je n’avais pas forcément envie de penser à ça. C’est différent maintenant. Je parle de Las Vegas, cette relation complètement idiote qui s’est soldée en divorce, comme la plupart des mariages de Las Vegas d’ailleurs. C’était prévisible, Darcy m’avait prévenu pourtant. Enfin, Darcy me prévient tout le temps, de toute façon. Je fais ensuite référence à la mère de Cayden, n’entrant toutefois pas trop dans les détails. Elle n’a pas forcément besoin de savoir que mon fils était un accident, le résultat d’un coup d’un soir causé par la nostalgie le soir de mon anniversaire. Si j’adore mon garçon, je ne suis pas fier du tout de moi pour cette histoire. Je ne regrette absolument rien aujourd’hui quand je le regarde, certes, mais si j’avais eu le choix, j’aurais certainement fait les choses différemment.

Tout de suite après avoir fait référence à Darcy et leur dispute qui date d’il y a douze ans déjà, je me sens stupide et je regrette ce que j’ai dit. Je m’excuse rapidement, maladroitement, d’autant plus que je n’ai pas entendu ma sœur parler d’Alexys depuis un bon moment déjà. Depuis douze ans, en fait. Après avoir coupé le contact, son prénom a été banni de la maison, et c’était impossible de lui faire entendre raison. Elle a toujours été comme ça, et je tente tant bien que mal de l’expliquer à la belle brunette devant moi, mais je n’arrive pas à terminer ma phrase. J’aimerais bien lui dire qu’en la revoyant aujourd’hui, je vois bien à quel point elle a changé, comme elle est loin de l’adolescente rebelle et tête en l’air que j’ai dû emmener à l’hôpital. Plus calme, plus mature, si certains n’évoluent pas, ce n’est pas du tout le cas d’Alexys qui a changé et pour le mieux. Et puis, elle est plus âgée maintenant… Je chasse cette pensée de mon esprit, et alors que je décide de me lever, voulant à tout prix oublier cette parenthèse à propos de ma sœur, et je lui propose de rentrer pour que je commande une pizza. Toutefois, la main de la jeune femme qui tenait la mienne se resserre et elle me force à me rassoir face à elle. Je suis étonné par le petit sourire sur son visage, un sourire que je n’arrive pas à déchiffrer et qui me fait baisser le regard. Elle se rapproche, sans doute de crainte que la voisine nous espionne toujours. Elle n’arrêtera sans doute pas, il faudra qu’elle s’y habitue si…si rien, en fait. Ce n’est pas comme si elle passe tous les jours ici, ce n’est que la première fois qu’elle vient à la maison après tout. Ses deux mains enserrent maintenant la mienne et les battements de mon cœur s’accélèrent. Elle prend la parole et brise la glace, et j’ose finalement la regarder lorsqu’elle se met à parler, proposant de finalement mettre les choses au clair à propos de ma sœur. J’écoute attentivement ses propos sans prononcer le moindre mot, et je souris tendrement à mon tour en l’écoutant parler, un peu malgré moi. Je tente de faire abstraction de son doigt qui pianote sur la paume de ma main, constatant à quel point elle a changé, en mieux bien entendu. Si ma sœur de son côté est plutôt du genre butée, la jolie brune pour sa part semble avoir pardonné tout à son ancienne meilleure amie. Mes joues s’empourprent lorsqu’elle mentionne ne pas comprendre pourquoi je l’ai invitée ici aujourd’hui, et bien que j’aimerais lui donner une explication rationnelle, je n’en ai pas vraiment. Je baisse tout simplement la tête, un petit sourire aux lèvres, cherchant une réponse logique qui ne vient pas. Je continue donc d’écouter son discours, puis fronce légèrement les sourcils lorsqu’elle parle de bénédiction. Je me demande pendant un court instant si elle fait référence à moi qui suis incapable de faire les premiers pas, mais laisse tomber ma supposition. Après tout, elle n’a aucune idée de tout ce qui se passe dans ma tête, elle ne peut donc pas savoir.

Ses doigts continuent leurs mouvements sur ma main et je la laisse faire sans bouger jusqu’à ce qu’elle parle de la pizza, mentionnant qu’elle en aimerait bien une aux peppéronis. Ma main se referme délicatement sur la sienne quand elle me donne aussi l’option de lui demander de partir. Je n’ai aucunement envie de la laisser filer maintenant, après tout, la soirée commence à peine. Elle sourit largement et je lui rends son sourire. « Va pour la pizza aux peppéronis alors. Ce serait bête que tu partes maintenant, tu viens tout juste d’arriver... » Je l’aide finalement à se lever et me tourne vers elle quand elle me dit que je peux lui parler de Darcy quand j’en ai envie. Je pousse un léger soupir, souriant tendrement à la brunette. [color=indianred]« T’as vraiment changé Alexys…mais bon, Darcy est toujours la même. Butée, qui doit toujours avoir le dernier mot… Quand je t’ai conduite à l’hôpital, elle était furieuse, elle aurait préféré que l’on appelle simplement une ambulance, et que tu te débrouilles pour le reste quoi. Elle a plus jamais parlé de toi à la maison, et j’ai vite compris qu’il valait mieux éviter le sujet. » Je marque une pause et enfouis mes mains dans mes poches, baissant le regard vers le sol pendant un court instant pour réfléchir à ce que je pourrai lui dire pour expliquer la situation embêtante dans laquelle je me retrouve. « Depuis la mère de Cay, je n’ai pas vraiment rencontré de filles, parce que je suis plus doué dans les ruptures que les relations, et j’avais pas envie de lui faire subir ça. Et Darcy étant ce qu’elle est, disons que c’est encore plus compliqué de rencontrer quelqu’un sans la faire fuir. » Je ricane doucement et baisse timidement le regard, puis regarde en direction de la maison. Mon fils va sans doute bientôt se réveiller et réclamer à manger. Je n’ai aucune idée de l’heure, et pourtant je le connais assez bien pour savoir ses habitudes. Je regarde à nouveau Alexys, lui souriant gentiment bien qu’au fond de moi j’ai un léger pincement au cœur. « Alors, tu la veux, cette pizza? » Je romps le silence et lui fais signe de me suivre, attrapant au passage mon sirop de grenadine abandonné plus tôt. Une fois à l’intérieur, je ne perds pas une minute pour composer le numéro de la pizzeria, me sentant un peu nul d’ailleurs de le connaître ainsi par cœur. La commande finalement passée, je regarde l’heure sur l’horloge de la cuisine, puis parle tout bas à la jeune femme. « Il devrait bientôt se réveiller. T’en fais pas, il est toujours un peu bougon quand il revient de sa sieste, mais ça va se calmer quand il aura mangé. » Je souris un peu moqueusement en pensant au sale caractère de mon fils au réveil. On est un peu pareil sur ce point lui et moi. Une chose est certaine en tout cas, c’est que ce n’est certainement pas le fils d’un autre, même les tests de paternité ne sont pas nécessaires pour en prendre conscience. « Tu viens? On va s’assoir… » Je lui pointe le canapé du salon, où nous étions installés tout à l’heure. Me calant au fond du sofa, je ne peux m’empêcher de reluquer la brunette lorsqu’elle finit par me rejoindre. Il n’y a certainement pas que mentalement, où elle a changé. Il faut dire que sur le plan physique, elle est plutôt loin de la gamine de 16 ans et le changement est franchement loin d’être déplaisant. Je m’empresse de regarder son visage, réalisant que je ne suis pas particulièrement subtil, et mon regard prend à nouveau une légère teinte rosée alors que je prie pour qu’elle n’ait rien remarqué.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Jeu 9 Juil - 12:19


En sentant la main de Braedan se refermer sur la sienne, elle comprend qu’il veut qu’elle reste. Ce n’est qu’un geste, un pas grand-chose, un petit rien… Mais qui fait une énorme différence pour la jeune femme qui, de nouveau, sent ses entrailles s’agiter. Sa course vers le précipice s’est peut-être ralentie, mais à chaque pas sa résolution ne fait que s’affermir. Pendant une seconde, elle ferme les yeux et inspire. Si elle ne fait rien, si elle ne prend pas sur elle pour calmer ses ardeurs très bientôt, elle finira en miettes, de corps et d’esprit. Aura-t-elle le courage de continuer à arpenter les rues qu’il arpente tous les jours ? Elle l’ignore… Avec du temps, probablement. Après tout, il ne serait qu’une déception de plus, un nouvel acte manqué, un nouveau nom à ajouter à la longue liste de ses échecs. Le mieux serait encore qu’elle s’y prenne comme elle le fait toujours, qu’elle laisse la vie suivre son cours sans penser au lendemain, et avise avec ce qu’il se présente. Après tout, c’est un homme, et un homme fait. S’il veut quelque chose, n’a-t-il pas appris depuis longtemps à se bouger pour l’obtenir ? Bien sûr, la leçon vaut également pour elle, mais dans l’histoire, celle qui risque le plus gros, c’est elle. En effet, dans le cas où elle le rejetterait, personne ne lui jetterait la pierre. Que si lui la rejetait, il est plus que probable qu’elle prendrait Darcy sur le coin du museau, idée qui lui est insupportable… Et d’ailleurs, en parlant du loup…

Dire que l’entendre évoquer cette nuit fatidique ne lui fait pas de mal serait un mensonge. Ça la peine, certes, mais c’est tout à fait supportable. En plus de dix ans, Alexys a eu le temps de faire son deuil, d’analyser la chose sous des centaines d’angles différents, d’envisager au moins autant de scenariis et enfin… d’accepter que les choses se soient passées ainsi et les conséquences qui en ont découlé. Elle a eu tout le temps d’y penser, mais rien de ce qu’elle s’est prise à imaginer n’a été satisfaisant. Bien sûr que l’amitié de Darcy lui manque, mais pas au point de l’aveugler quant à ses qualités et défauts. De mémoire, Alexys a toujours connu Darcy particulièrement vindicative et tranchée dans ses opinions. C’est une qualité formidable, celle d’une personne entière, d’un fort caractère, et Lexie l’a longtemps aimée pour ça. Mais en vieillissant, elle s’est rendu compte que mettre de l’eau dans son vin peut tout autant être une preuve de caractère, qu’un seul acte ne nous conditionne pas pour toute une vie et que la compassion, utilisée à bon escient, peut faire autant qu’une gifle brutale. Et parfois, les deux sont nécessaires. Dans son propre cas, Darcy a été la gifle dont elle avait besoin pour se réveiller et Grace la compassion dont elle a toujours manqué enfant. Il lui fallait les deux pour se sortir du trou dans lequel elle était tombée, et elle n’est pas peu fière d’avoir pu revenir à Kelowna en femme indépendante et accomplie. Elle n’est peut-être pas milliardaire, ne peut peut-être pas se présenter à la réunion des anciens du lycée avec un mari et trois enfants, mais elle a le mérite d’être fière de ce qu’elle a accompli, compte-tenu de son point de départ, et ça, personne ne pourra le lui enlever, pas même Darcy. De ce fait, si les révélations de Braedan ne la laissent pas indifférente, elles sont loin d’être suffisantes pour la perturber, pour érafler l’armure de sa belle assurance. Par contre, le fait que le mécanicien ait rencontré des femmes prêtes à se laisser intimider par sa sœur, ça, ça la perturbe. C’est, pour elle, quelque chose de complètement incompréhensible. Braedan est un homme gentil, attentionné, qui ne reste pas le cul dans le canapé toute la journée sans rien faire, indépendant financièrement parlant et en plus… C’est l’un des plus bels hommes qu’Alexys ait jamais vu, ce qui ne gâte rien. Certes, il a un vécu, une famille… Mais qui n’en a pas ? D’abord éberluée, la jeune femme finit par froncer les sourcils et se prend à maudire les ex du mécanicien. Selon elle, il faut être plus con que la moyenne pour tourner le dos à un homme comme lui… Avant de finalement se dire que c’est tant pis pour elles et de leur souhaiter bon débarras. De tout cela, elle n’en dit rien cependant, craignant de passer pour une folle enamourée, et se contente d’un pudique… « C’est qu’elles ne te méritaient pas. » soit la phrase la plus bateau de toute l’histoire des ruptures, le genre de trucs que se disent les filles entre elles pour se consoler après le départ d’un petit ami indélicat. Même si elle lui sourit avec un regard doux, la phrase en elle-même n’en est pas moins clichée. Le fait est qu’elle ignore quoi dire de plus sans plonger tête première dans les sables mouvant de l’humiliation. Ecoute Braedan, t’es trop canon pour te lamenter sur leur perte. ne lui paraît pas être la meilleure des réponses à lui faire, surtout quand l’une de ces femmes a porté pendant neuf mois le fruit de ses entrailles…

La jalousie ne fait pas spécialement partie du caractère d’Alexys, pourtant, pendant une fraction de seconde, celle pendant laquelle elle s’est figurée une grande bringue blonde au ventre arrondi croulant sous le regard mort d’amour de Braedan, elle s’en est sentie pleine à crever… Ce qui, sachant qu’elle n’a jamais pensé avoir de vie de famille, lui a très vite collé une frousse de tous les diables et c’est donc avec un soulagement palpable qu’elle accueille la question du mécanicien concernant la pizza, meilleure distraction du monde s’il en est. « Oui oui, bien sûr ! » S’empresse-t-elle d’ailleurs de répondre, pressée de chasser de son esprit une image d’elle-même avec ELLE le vendre arrondi pour remplacer la blonde… Attrapant son verre en même temps que son hôte, elle le suit vers l’intérieur de la maison pour se rendre compte, une fois de retour dans le salon, qu’elle a la chair de poule. Cette façon qu’elle a d’osciller entre le chaud et le froid l’exaspère au plus haut point. Ce serait tellement plus facile si elle savait ce qu’elle veut vraiment ! Délicat quand elle n’est même pas certaine de vouloir Braedan… Il lui plaît, ça oui, depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne mais… Et si ça n’était qu’un coup de cœur, un caprice ? Si, dans le cas où elle l’obtient, elle s’en lasse en quelques jours ? Sans prévenir, la nervosité la prend. Portant son pouce à sa bouche, elle se met à mordre son ongle… Jusqu’à ce que le sujet de ses pensées les interrompe. Il lui faut quelques courtes secondes pour percuter, avant qu’elle ne retrouve son sourire et réponde « Un petit homme en devenir quoi… » En tous cas, de tous les hommes qu’Alexys a connu, aucun n’était du matin.

Invitée par Braedan à le rejoindre sur le canapé, elle le laisse prendre un peu d’avance pendant qu’elle termine sa grenadine, abandonnant son verre une fois fait sur la table de la cuisine. Tandis qu’elle traverse les deux pièces pour le rejoindre, elle surprend ce qu’elle pense être un regard… D’appétit. Prise de court, elle s’arrête pendant une seconde. Ce genre de regard, elle l’a vu régulièrement au gré de ses voyages, et différents jobs. Quand elle était serveuse, il lui valait une main aux fesses une fois sur trois. Si elle ne se trompe pas, qu’il s’agit bien de ce genre d’œillade… Ne sachant que trop en penser et ne désirant pas se poser des questions dont elle pourrait ne pas apprécier les réponses, Alexys reprend sa marche et vient s’asseoir à côté du mécanicien comme si elle n’avait rien remarqué. Elle aimerait trouver un compliment intelligent à lui faire sur son apparence, lui dire qu’elle adore ce côté un peu destroy, combo de barbe, de cheveux longs, de jean et de chemise de bûcheron mais elle craint de se rendre ridicule en plus de le vexer… Alors, dans le doute, elle ne dit rien, et aurait sans doute continué à ne rien dire si une pensée un brin traumatisante ne l’avait pas traversée. Comme montée sur ressorts, elle se redresse, d’un coup les yeux grands ouverts, comme surprise par sa propre bêtise, qui est en réalité, son propre égoïsme. « Cayden aime les peppéronis au moins ? Et toi tu aimes ça ? » Elle se doute bien que s’ils n’avaient pas aimé ça, il aurait probablement commandé autre chose… Mais c’est pour le principe. Elle vient de décider de la garniture d’une pizza pour trois personnes sans même avoir pris connaissance de leur avis, sans même avoir fait mine de s’y intéresser. Là s’exprime son indépendance dans toute sa splendeur. Ses joues finissent par rosir, et son regard se détourne à cause de la gêne. « Je suis désolée Braedan… J’ai pas l’habitude… » De penser aux autres avant elle ? Pas vraiment. Ça fait trop longtemps maintenant qu’elle vit toute seule, qu’elle ne fait que ce qu’elle veut quand elle le veut, qu’elle ne fait ni concessions ni compromis… Même quand elle est avec sa filleule, c’est ainsi. Si elle lui offre une glace, c’est en partie parce qu’elle-même en veut une. Si elle l’emmène dans une piscine à boules, c’est parce qu’elle a envie d’y jouer aussi. Bien sûr, si la petite lui demande de faire quelque chose de précis, elle va y penser… Mais si elle n’aime pas, elle essaiera de la faire changer d’avis et ne se résoudra à céder que s’il n’y a pas moyen de moyenner. Non, on ne peut pas dire qu’Alexys ait l’habitude de composer avec des contraintes…

Finalement, la porte de la chambre du petit garçon finit par s’ouvrir, c’est en se frottant les yeux que les adultes le voient en sortir, en moitié de pyjama. La moitié haute, évidemment. Le bas, lui, semblait être tout à fait à son aise et libre de toute contrainte également. Cette vision coupant d’un coup, d’un seul, toutes les transmissions dans le cerveau d’Alexys, sa bouche s’élargit en un sourire, presque hilare, et elle s’empresse de cacher ses yeux derrière ses mains. « Oulah, Cayden… Je crois que tu as oublié quelque chose Loulou … » Laissant le père gérer son fils, elle finit par ne plus pouvoir se retenir et laisse échapper un petit rire amusé. Apparemment, que ça soit le père ou le fils, tous les deux sont des champions de la diversion !

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Jeu 9 Juil - 15:38



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Je lui explique qu’avec Darcy dans les parages, rencontrer des femmes – et ne pas les faire fuir – pouvait s’avérer une tâche hardie. Si d’un certain sens, je peux comprendre ma sœur de vouloir surveiller mes fréquentations féminines, certaines filles, elles, ne voyaient pas la situation du même angle et trouvaient la petite blonde un peu trop étouffante. Je souris doucement quand la jolie brune se contente de répondre que ces femmes ne me méritaient pas, une phrase que semblent manifestement dire toutes les demoiselles dans ce type de situation. Darcy pour sa part, se permet toujours d’ajouter à la suite que si les choses étaient devenues plus sérieuses, ce serait alors difficile à supporter pour Cayden. Depuis qu’il est là, son bonheur passe à tous les coups avant le mien. N’est-ce pas un des changements les plus flagrants lorsque l’on devient parent, de toute façon? Observant Alexys, je me surprends à tenter de deviner ce à quoi elle pense. Je me doute que ça n’arrivera pas d’une part car la perspicacité n’a jamais été ma plus grande force, et ensuite car d’aussi loin que je me souvienne, comprendre la gente féminine est un défi que je n’ai jamais réussi à relever malgré les – trop – nombreuses tentatives de le faire. Je décide de briser le silence, proposant de rentrer pour commander la pizza. Certes, j’aurais bien aimé rester dehors avec elle, mais une fois de plus mes obligations reprennent le dessus et me forcent à passer outre mes envies. Bien sûr, si Cayden n’avait pas été là, les choses auraient été bien plus simples dès le début. J’aurais pu vivre aisément seul et si j’aurais eu envie ce soir de me lancer et tenter quelque chose, j’aurais pu le faire sans aucune crainte. Enfin, Darcy aurait par la suite été insupportable mais n’aurait pas eu son mot à dire et ses jugements n’auraient servis à rien. Il ne s’agirait que de ma vie, et de mes conneries. Quoiqu’en regardant la brunette aux yeux foncés, je ne vois pas quelle gaffe je pourrais bien être en train de faire, sauf peut-être laisser passer ma chance… Enfin, si j’en ai une bien entendu. Je chasse toutes les suppositions de mes pensées une nouvelle fois, sachant que je risque de me faire du mal pour rien et qu’au final je risque surtout d’être déçu. Après tout il m’arrive plutôt souvent de mal capter les signaux qu’on me lance, et bien que je me doute qu’Alexys ne soit pas une de ces filles qui viennent et qui finalement préfèrent partir pour des raisons plus variées les unes que les autres, il en reste qu’au final, il y a toujours une infime petite chance que je me fasse avoir. Elle me suit finalement à l’intérieur et la courte distance qui sépare la cour arrière de l’intérieur me permet d’oublier à quel point les choses pourraient être plus simples. Je pousse un soupir en arrivant dans la maison et dépose mon verre sur le plan de travail dans la cuisine, remarquant l’air pensif d’Alexys qui semble accompagné d’un peu de nervosité. Elle a porté son pouce à ses lèvres et bien malgré moi, je me surprends à me demander quelle serait sa réaction si je venais à m’approcher d’elle et l’embrasser. Une autre pensée que je repousse comme bien d’autres, lui parlant à la place de mon fils qui se réveillera bientôt et qui a tendance à ne pas être des plus agréables au réveil. Elle se met alors à sourire et son commentaire me fait rire doucement. Il faut dire que je ne suis pas non plus des plus charmants le matin, ou dès que je me réveille, même si c’est en plein après-midi. Sans mon café, il vaut mieux ne pas m’adresser la parole pour tout dire, bien que je me sois nettement amélioré depuis que Cayden a grandi et qu’il peut se permettre de venir me rejoindre dans mon lit le matin. J’ai une légère pensée pour le petit bonhomme qui vient me réveiller à des heures impossibles parfois, sautillant sur le matelas et débordant d’énergie.

Je lui propose de me suivre sur le canapé et elle termine son sirop de grenadine tandis que je l’attends au salon. J’en profite alors pour l’observer de loin, mais bien rapidement mon observation se fait beaucoup moins innocente. Ce n’est pas mon genre pourtant, de dévorer ainsi une fille du regard. Je suis plus discret à l’habitude, mais là, je la fixe sans même en prendre conscience. Mon regard se pose sur ses courbes et bien que sa tenue ne soit pas des plus sexy ou aguichantes – ce qui n’est pas pour me déplaire, d’ailleurs, puisque mon fils est autour – je ne peux m’empêcher de penser qu’elle est diablement attirante dans toute sa simplicité. Alors que je l’entends approcher, mes joues s’empourprent et mon regard se concentre sur son visage. Je chasse vivement les pensées scabreuses de mon esprit tandis qu’elle s’assoit à mes côtés. Je ne peux m’empêcher de remercier le ciel à cet instant précis qu’elle ne puisse pas lire dans ma tête, car elle m’aurait sans nul doute collé une gifle, si ça se trouve. Je baisse les yeux un instant, cherchant à faire la conversation, mais je n’ai pas le temps de prendre la parole qu’elle a déjà bondi du canapé, faisant les yeux ronds, l’air surprise. Pendant une fraction de seconde, je me demande ce que j’ai bien pu faire de mal, mais rapidement elle se met à me questionner sur les peppéronis, à savoir si Cayden aime ça, et moi aussi. Je souris, puis ris doucement. J’ai envie de la rassurer, mais elle se confond une nouvelle fois en excuses, mentionnant qu’elle n’a pas l’habitude…de quoi? Elle ne termine pas sa phrase et pourtant j’aurais été curieux de savoir pourquoi elle s’excuse. Je me doute que pour elle, ce ne doit pas être simple. Elle n’est qu’une invitée pour la soirée, et pourtant elle se doit de subir mon train de vie pour le moins bien différent du sien. Ce serait plutôt à moi de l’excuser pour lui faire subir ça. Tandis que je m’apprête à lui expliquer qu’elle n’a pas à s’en faire et lui assurer que tout le monde dans la maison apprécie la pizza aux peppéronis, la porte de la chambre de mon fils s’ouvre pour le laisser sortir. En remarquant sa « tenue » je me retiens d’éclater de rire, le regardant se frotter les yeux l’air toujours fatigué. La réaction d’Alexys, par contre, me fait craquer et je glousse alors qu’elle s’adresse directement à mon fils qui ne semble pour sa part nullement gêné de se promener à moitié-nu dans la maison. Cachant ses yeux, elle esquisse tout de même un large sourire ce qui me rassure, car je ne voudrais pas non plus qu’elle soit choquée par la simple vision de mon fils à moitié-nu. Il n’a que trois ans après tout… Quoique, si on y pense bien, avec son père et son oncle qui ne voient pas d’inconvénients à se promener en tenue d’Adam dans la maison, on ne peut pas dire qu’il ait les meilleurs exemples pour apprendre la pudeur. « Cayden, qu’est-ce que tu fais? Tu tentes quand même pas d’impressionner Alexys? » Le gamin me regarde d’un air interrogateur et je me lève, me tournant vers la brunette avec un sourire amusé accroché aux lèvres. « Je reviens, si le livreur arrive t’as qu’à prendre mon portefeuilles il est dans l’entrée avec mes clés. » Je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’elle fouine dans mon argent, après tout je doute fort qu’Alexys soit une voleuse. Attrapant le petit garçon, celui-ci proteste et demande à être déposé sur le sol, ce que je fais uniquement une fois dans sa chambre. Je l’aide à s’habiller et il ne coopère pas beaucoup, cette fois-ci. Je finis tout de même par réussir à lui faire enfiler son pantalon après quoi il s’enfuit en direction du salon. Je le suis d’un pas nonchalant, puis alors que je retourne rejoindre Alexys, je me mords la lèvre inférieure, cherchant comment lui expliquer l’attitude de mon fils. Je me vois bien mal lui dire que c’est parce qu’il a l’habitude de me voir me promener flambant nu dans la maison et qu’il a simplement appris à faire de même, des plans pour qu’elle me voit d’une façon totalement différente ensuite. Finalement, j’opte pour laisser ces explications de côté et plutôt la rassurer pour ses inquiétudes de tout à l’heure concernant la pizza. « Tu as pas à t’inquiéter, tout le monde ici aime la pizza. Tu crois vraiment que j’aurais accepté sans rien dire sinon? » Je lui adresse un sourire rassurant et regarde mon fils qui observe la scène, ne semblant pas comprendre ce qui se passe. « Ça va, Cay? Alexys va manger avec nous ce soir, remercie-là, grâce à elle on mange de la pizza. » Comme si j’avais prononcé des mots magiques, le regard du petit garçon s’agrandit et il regarde la brunette, soudainement plus timide que lorsqu’il est sorti de sa chambre à moitié-nu. Il murmure un « Merci Alexys. » avant de s’éclipser vers ses jouets, nous laissant à nouveau seuls. Je passe une main dans mes cheveux, puis hésite avant de me lancer. C’est à mon tour de me sentir gêné. « Je m’excuse pour la scène, disons qu’on n’est pas très pudiques à la maison et puis comme il y a rarement des visiteurs… Bref, désolé je voulais pas te rendre mal à l’aise. » Je me rassois sur le canapé, me demandant si mes explications ne vont pas plutôt la faire fuir en courant. Elle trouvera peut-être plutôt louche qu’un père se promène à poil dans sa maison avec son fils, bien que d’un certain sens, je ne vois pas vraiment le mal à ça. Mis à part la voisine, d’ailleurs, il me semble n’avoir jamais entendu personne se plaindre.


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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Jeu 9 Juil - 16:39

Il rit, quand elle lui demande si tout le monde à part elle aime la pizza… Il rit, c’est plutôt bon signe, non ? Impossible à savoir sur le coup, puisque Cayden fait une entrée pour le moins fracassante, interrompant cet ersatz de conversation entre son père et Alexys. La scène, en plus d’être drôle, a quelque chose de mignon. Bien sûr que non elle n’est pas gênée, Cayden n’est encore qu’un petit garçon. Il en est à un âge où c’est encore attendrissant plutôt que choquant, mais c’est par ce genre de jeux et de réflexions qu’on apprend aux enfants à ne pas se dénuder devant n’importe qui, non ? Elle n’en jurerait pas, n’ayant jamais élevé d’enfant, mais sur le coup, sa réaction lui a semblé appropriée. Quoiqu’il en soit, l’échange, bien que bref, est très amusant. Autant les réflexions du père que le regard du fils, qui ne manquent pas de faire rire Alexys de plus belle. Les regardant tous les deux partir, les yeux brillants, elle écoute leurs chamailleries en toute discrétion, audibles depuis le salon, jusqu’à entendre le livreur sonner. Livrée à elle-même les minutes précédentes, elle s’est tâtée à ne rien prendre dans le portefeuille de Braedan, histoire de leur offrir le repas à son fils et lui, mais a fini par se dire qu’il se sentirait peut-être amputé de sa virilité si elle refusait son geste… Elle décide donc de couper la poire en deux et d’agir comme s’ils étaient une équipe. Elle prend la moitié du prix de la pizza chez Braedan et en paie l’autre moitié de ses propres deniers. Bien sûr, la jeune femme prend le soin de remettre les affaires du mécanicien en ordre, là où elle les a trouvées. Si elle est passée par des phases difficiles, la kleptomanie n’a jamais fait partie de ses tares, aussi l’idée même de prendre ne serait-ce qu’un cent de l’argent de son hôte ne l’effleure même pas.

La pizza en main et le livreur parti, elle se rend dans la cuisine et, pour le coup, fouille dans les tiroirs, à la recherche d’un couteau (ou d’une roulette à pizza). Elle finit par trouver son bonheur au troisième essai et retaille certains des quarts faits par le pizzaïolo en parts bien plus petites, afin qu’elles soient abordables pour le petit Cayden. Elle prend même le soin de lui faire de tous petits quarts, à sa taille, pour qu’il puisse faire « comme papa ». Cette idée lui arrache un sourire. Ça pourrait être tellement facile… Les deux hommes n’étant toujours pas reparus, elle récupère son verre, fouille de nouveau pour prendre trois dessous de verre, ainsi que la timbale du garçon et emmène le tout dans le salon. Sur une assiette retournée (parce qu’elle n’a pas trouvé de dessous de plat), elle pose le carton de la pizza dont elle a découpé le couvercle, et autour, trois assiettes. Elle se doute qu’elles ne serviront pas, mais on ne sait jamais. Idem pour les verres, chacun à sa place. Elle espère, bien sûr, que Braedan appréciera le geste et ne s’agacera pas qu’elle se soit servie. Après tout, elle n’a pas fouillé dans ses affaires personnelles, et ça part d’une bonne intention.

Cayden reparaît le premier, en courant comme un diable, avec, cette fois, un pantalon sur le derrière. Il est accueilli par un rire discret de la jeune femme. Son père, quant à lui, elle l’attend avec un sourire doux, les mains plongées dans les poches arrières de son jean. A cet instant, une vision furtive de Braedan s’avançant jusqu’à elle pour la prendre par la taille et l’embrasser s’imprime sur sa rétine, partie aussi vite qu’elle est venue. Les joues rosissant sensiblement, elle cache la gêne née de cette faible pensée derrière un petit rire, motivé par la réflexion du grand blond. Ce n’est que lorsqu’il s’adresse à son fils qu’Alexys relève son nez de nouveau levé dans sa direction. Décidée à jouer, elle baisse ses billes d’onyx vers lui et lui tire un bout de langue, avant de lui répondre « De rien bonhomme. », et de se faire la réflexion que… ça ne devrait pas être compliqué. Après tout, avec Ailis, ça ne l’est pas. C’est même assez facile. Elle la fait rire, la gâte. Si elle pleure, elle la console. Une histoire avant la sieste. C’est assez simple. Pourquoi est-ce qu’elle a autant de mal avec Cayden ? Un regard aux iris bleutés de Braedan lui offre sa réponse. C’est parce qu’il n’y a pas Braedan d’un côté et Cayden de l’autre. Ils sont un lot, une équipe. C’est avec les deux en même temps que ça doit coller, et pas séparément, et l’un et l’autre n’ont indiscutablement pas les mêmes attentes…

L’une de ses mains quittant la poche arrière de son jean, elle la glisse dans ses cheveux, à l’arrière de sa tête. « Oh, ne t’en fais pas pour ça. C’est un petit garçon, c’est tout à fait normal, et très drôle aussi, en fait. » Naïve, elle ne percute pas le « on n’est pas très pudiques à la maison ». Dommage pour elle. Toujours est-il qu’elle se rassied en compagnie du mécanicien et, sitôt fait, se charge de distribuer les parts de pizza. « Tu as faim Cayden ? Si pas, c’est pas grave, on mangera ta p… » Elle n’a pas le temps de finir sa phrase que la petite tête blonde a déjà pointé le bout de son nez. Le rire dans la voix, elle lui donne son morceau, lui promettant qu’il en aura encore tout plein s’il a encore faim après celui-là, avec un… Enfin peut-être… à la fin, uniquement pour le taquiner, puis donne la sienne à son père, avant de prendre sa propre part, qu’elle conserve au-dessus d’une assiette pour ne pas prendre le risque de tâcher le canapé. Sa part à peine servie, elle scande « Grâce ! », imitant les enfants perdus dans le film Hook, et engloutit un large morceau de pizza… Ce qu’elle regrette instantanément. Trop chaud.

Reposant son morceau dans son assiette, devant rouge pivoine, elle ne recrache pas, garde le morceau au fromage incandescent dans sa bouche, sur sa langue, mais se lève et se met à hyper ventiler, les mains dans la bouche, manquant, en prime, de s’étrangler à cause du fou rire qui la prend. « Oh mon Dieu, oh mon Dieu ! » Se met-elle à gémir, piétinant rapidement sur place. Comment se rendre ridicule en trois leçons, par Alexys Stevens. Il lui faut une bonne minute pour déglutir le morceau de l’enfer, avant qu’elle ne se rasseye et vide une bonne rasade du verre d’eau qu’elle s’est versé pendant que Braedan changeait Cayden. Il lui faut une minute supplémentaire pour s’en remettre, pour que le rouge déserte ses joues, que sa langue arrête de piquer et que ses yeux arrêtent de briller. Le rire, par contre, est toujours là. La bouche en feu, elle boit encore et ajoute, la voix rendue un peu rauque « Attention les copains, c’est chaud boulette!… » Au cas où ils ne l’auraient pas deviné, en la voyant danser sur place.

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Jeu 9 Juil - 18:28



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Alors que je traverse le couloir et que j’aperçois la jeune femme dans le salon, je ne remarque même pas la pizza sur la table basse ainsi que les couverts qu’elle y a mis. À vrai dire, je suis beaucoup plus concentré à la regarder elle, cherchant des explications pour la scène qui vient de se produire. Les mains dans les poches de son jeans, elle me sourit gentiment et je lui rends son sourire, regrettant un peu de ne pas avoir pu passer plus de temps tous les deux sans la présence de mon fils qui malheureusement aime un peu trop être le centre de l’attention par moment. En même temps, c’est un enfant, on ne peut pas lui demander de rester calme dans un coin et de ne plus bouger. J’explique à mon fils que c’est grâce à Alexys s’il mange de la pizza ce soir, à vrai dire j’essaie de ne pas trop le gaver de fast food en général, mais ce soir, c’est plus facile que de concocter un repas élaboré. Et puis, ça semble plaire à tout le monde, alors je ne vois pas vraiment où est le mal. La jeune femme rit doucement à ma réflexion et mon fils la remercie. Je souris tendrement en observant la scène. Je me surprends à penser qu’en vérité, elle est peut-être simplement un peu timide, et que c’est pour ça qu’elle semble un peu distante avec lui. Je l’espère en tout cas. Cayden s’enfuit vers les jouets, et je dépose mon regard sur les couverts sur la table, surpris de ne pas les avoir remarqués avant. On ne peut pas dire qu’elle ne fait pas d’efforts, et je suis plutôt touché par son geste, bien que ça paraisse plutôt banal. Je prends la peine de m’excuser pour la scène d’exhibitionnisme de mon fils, mais ça ne semble pas l’avoir perturbée plus que ça puisqu’elle insiste sur le fait que ce n’est pas grave, puisqu’il s’agit simplement d’un enfant. Je l’observe passer une main dans ses cheveux et je remarque qu’elle n’a rien dit à propos de cette manie qu’ont les habitants de cette maison de ne pas se couvrir en temps normal. Peut-être qu’elle a préféré ne pas commenter, après tout qu’est-ce qu’on peut bien répondre à une chose pareille? Je m’assois et elle fait de même, et avant même que j’aie pu prendre la relève et servir les parts, Alexys s’en occupe déjà, tout naturellement. Je souris, amusé de la voir faire ainsi comme chez elle bien que ça ne me déplaise pas, bien au contraire. Elle appelle mon fils, et celui-ci ne prend pas beaucoup de temps à arriver en entendant la jeune femme mentionner que s’il n’a pas faim, l’on mangera sa part. À cet instant précis, j’ai l’impression qu’elle pourrait au fond plutôt bien s’habituer à cette routine avec Cay, et celui-ci d’ailleurs semble plutôt bien l’apprécier. Ce qui me plaît particulièrement, puisque ce n’est pas tous les enfants qui accepteraient ainsi qu’une parfaite inconnue les taquinent ainsi. Le blondinet file s’asseoir avec sa pizza, prenant place sur le sol devant la table basse. Ni lui, ni moi n’avons le temps de prendre une bouchée que la demoiselle mord dans sa pointe et à sa réaction, je constate que j’ai plutôt bien fait de ne pas manger tout de suite.

Alexys se lève et sautille sur place, ce qui fait rigoler le petit garçon qui dépose son assiette sur la table pour la regarder alors qu’elle avale difficilement sa bouchée pour ensuite prendre une grande rasade d’eau. Le garçonnet rit de plus belle à son avertissement et je me retiens pour ne pas faire de même, me contentant de sourire, le regard pétillant. « Ça va aller? » Mon ton est un peu moqueur, et bientôt Cayden attire mon attention, prenant une voix angélique pour me demander s’il peut aller manger devant le téléviseur. Il fait référence à celui dans la salle de jeux, et bien que je déteste lorsqu’il y mange, j’acquiesce finalement, me disant que ça nous fera un peu de temps à nous deux, pensée qui après réflexion est un peu égoïste, mais pour les rares fois où mon fils ne me suit pas comme une ombre, je compte bien en profiter. « Fais gaffe, je veux pas voir de sauce tomate partout. » J’entends un petit « Promis! » alors qu’il s’éclipse, son assiette et une serviette de table à la main. Je lève les yeux au plafond, puis attrape ma propre pointe pour mordre dedans. Après avoir avalé le morceau de pizza, je passe ma langue sur mes lèvres, puis adresse un nouveau sourire à la jeune femme « Merci d’avoir mis la table, c’est vraiment gentil…Et Cayden semble vraiment t’apprécier, je trouve ça bien… » Je regarde le sol, me sentant un peu idiot de ma réflexion. À vrai dire, j’espère tellement qu’ils puissent s’entendre tous les deux, en partie afin d’avoir un argument contre ma sœur, mais aussi car c’est la seule chose qui me retient de foncer. Ce n’est pas dans mes habitudes, pourtant, de ramener des filles à la maison après une seule rencontre. Je ne le fais jamais, habituellement. Pourtant là, c’est différent, puisqu’à la base Alexys n’est pas une inconnue. Pensif, je l’observe, ma pointe toujours dans les mains, et je sors de la lune en me trouvant particulièrement débile de la fixer ainsi. « Pardon, je pensais à un truc… » Je rougis, puis tente de trouver un sujet de conversation banal, pour passer le temps. Puis finalement, je redresse la tête, réalisant que depuis son arrivée, j’ai commis une bourde énorme. « En fait, je réalise que je suis pas du tout poli, j’ai complètement zappé de te demander si tu avais passé une bonne journée au travail. C’est comment, être masseuse? Ça doit être super différent de la mécanique, quoique dans un sens on baigne tous les deux dans l’huile toute la journée… » Je ris doucement à cette comparaison, essayant tout de même d’éviter les visions un peu déplacées qui me viennent en tête malgré moi. Je dois avouer que la première fois où elle m’a dit être masseuse, je n’ai pas du tout pensé à la massothérapeute du spa, mais plutôt à la version non-conventionnelle. J’ai préféré garder ce détail pour moi, par contre, ne voulant pas la vexer. Ou pire encore, qu’elle me prenne pour un obsédé. Quoique, avec toutes ces images, elle n’a peut-être pas tout à fait tort, ou on pourrait mettre ça sur le compte de mon extrême solitude des derniers temps. Je n’ose toutefois pas lui poser des questions plus personnelles, comme par exemple si elle n’a pas trop de clients embêtants. Il doit certainement y en avoir, on en connait tous. « Je devrais te rendre visite, parfois le week-end mon dos me fait mourir. »

Je la regarde, tout sourire, et mon attention se porte à sa bouche, ou plus précisément au coin de ses lèvres, où se trouve une légère trace de sauce tomate. Sans trop réfléchir – et je réalise que j’aurais peut-être dû le faire – je me rapproche légèrement d’elle sur le canapé et approche ma main de son visage. Si pendant quelques secondes l’envie de l’embrasser est irrésistible, je me convaincs de simplement frôler sa bouche avec mon pouce, essuyant la légère trace rouge pour le porter à mes lèvres. Mon regard jusqu’alors planté dans le sien se détache et je constate mon geste franchement déplacé. Je m’éloigne, aussi rouge que la sauce justement, et me lève vivement du canapé. « Pardon, je fais des trucs parfois…Je vais préparer euh...J’ai de la limonade, je vais chercher de la limonade… » Je pars en direction de la cuisine, passant une main dans ma barbe un peu nerveusement. Ça fait un peu « tentative de drague lamentable » et sans doute qu’elle va se demander quelle mouche m’a piqué, et moi-même je me maudis d’avoir eu une réaction aussi stupide. « Franchement Brad t’aurais pu simplement lui tendre sa serviette, espèce d’idiot. » Je me parle à moi-même, marmonnant furieusement alors que je sors la limonade du réfrigérateur. J’ai pendant quelques secondes un peu peur de retourner au salon, ne sachant trop quoi lui dire pour l’affronter. Et si en vérité, elle tente simplement d’être gentille? Elle va certainement prendre les jambes à son cou après mon petit numéro. Tenant fermement le contenant de limonade, je finis par prendre la direction du salon. N’osant pas regarder la brunette, je fixe le sol, prenant la parole d’une voix tremblante, un peu maladroit. « Écoute Alexys, c’était vraiment con…Je sais pas ce qui m’a pris, mais euh, le prends pas mal, c’était pas volontaire. Enfin, c’était pas un accident, mais j’ai pas du tout réfléchi, excuse-moi. Je dépose la limonade sur la table basse même si en vérité je n’ai pas vraiment soif, et c’était surtout un prétexte pour m’éclipser. Je m’assois à nouveau sur le canapé, restant dans mon coin en gardant mes distances. Je me sens parfaitement ridicule, et cette fois-ci je sèche un peu pour trouver une façon de rendre les choses plus « normales ».

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Jeu 9 Juil - 22:46

Parfaitement synchros, ils se moquent, le petit comme le grand. Ils se moquent de sa gourmandise, de ses pitreries, et pour la première fois, Alexys entend l'éclat de rire de ce petit garçon, un éclat de rire à ravir les tympans, même les siens, pourtant si peu friands des cris d'enfants. Ils se moquent, et elle laisse faire, principalement parce qu'elle ne se serait pas faite prier pour rire tout son saoule si les situations avaient été inversées. Mais, comme toutes les bonnes choses ont une fin (ou faim), le spectacle qu'elle leur offre s'achève et elle peut hocher la tête en signe d'assentiment quand Braedan s'enquit de son état. Oui, ça va aller. C'est d'avantage son égo qui a morflé, mais ce n'est pas bien grave, il n'était déjà pas bien vaillant. S'en suit un adorable aparté entre les deux oiseaux moqueurs, qui voit disparaître le plus petit d'entre eux. Des yeux, Alexys suit le petit bonhomme se dandiner, pizza à la main, jusqu'à la porte d'une salle un peu plus loin, et la fermer derrière lui. Il lui manque aussi, ce temps, où elle pouvait regarder des dessins animés à la télé toute la journée... A cet âge là, les choses sont tellement simples, on n'a peur de rien. On ne se souvient pas d'hier et on ne pense pas à demain. On est libre, sans autres limites que celles de sa propre imagination... Il ne faudrait pas grandir.

Après avoir pris le temps de souffler sur sa pizza, pour éviter une nouvelle brûlure, Alexys croque dedans à nouveau... Mais, rien à faire, ses papilles sont brûlées, elle ne sentira probablement plus rien pendant un jour ou deux. La déception lui fait reposer son quart, mais elle n'a pas le temps de s'apitoyer sur son bien triste sort que Braedan s'empare de son attention. Il la remercie d'avoir mis la table. Elle mastique, se dépêchant d'avaler, et, mettant ses doigts devant sa bouche (au cas où quelque chose se soit coincé dedans), elle se permet un sourire. « Je t'en prie, c'est normal. » Quant à la remarque concernant Cayden, si elle la flatte, elle ne sait trop quoi en penser... Alors elle élude. « Ton petit garçon est adorable, j'ai du mal à l'imaginer ne pas aimer quelqu'un. » Voilà, le message c'est que n'importe qui peut faire ce qu'elle a fait. Elle se sent idiote d'avoir dit une chose pareille au moment même où elle termine sa phrase, crachant sur l'opportunité de construire quelque chose d'unique avec cet enfant qui lui aurait ouvert les bras de son père, mais, finalement... Elle ne regrette pas ses paroles. Sa franchise naturelle lui épargne la tentation de manipuler les sentiments d'un gamin uniquement pour son profit personnel. Elle se sent plus droite dans ses bottes, plus intègre. Et puis aussi, elle veut que Braedan la choisisse. Comment peut-il la choisir s'il n'est pas tenté par d'autres ? S'il n'y a pas de concurrence ? Non pas qu'elle le souhaite, loin de là, mais... Elle ne veut pas être un choix par dépit. « Oh tiens, mon fils s'entend bien avec toi, et moi aussi, viens on fait ça. » Les choix par dépit, elle a donné. Combien de fois n'a-t-elle pas été le plan de secours ? La fille en deuxième position, la « je te promets, si j'avais pas ma copine... ». Alexys est tannée de tout ça, moins conciliante en la matière que quelques années auparavant, où ça ne la dérangeait pas. Aujourd'hui, ça la dérange. Peut-être que c'est parce que ce qu'elle ressent pour Braedan n'est pas superficiel ? Est-ce qu'on peut oublier son premier béguin ? Trop de questions auxquelles elle ne sait répondre et qui lui valent de s'abîmer dans la contemplation de sa part de pizza.

Contemplation qui prend fin quand, de nouveau, l'objet de ses pensées s'excuse. Le gag semble récurrent, ce qui fait sourire Alexys. « Tu penses régulièrement à des « trucs »... Un jour, tu me diras ce que c'est ? » Plaisante-t-elle, même si vraiment curieuse, quelque part, de savoir ce qui se trame sous ces cheveux blonds. La question suivante du mécanicien, pour sa part, l'enchante. Elle adore parler de son métier, et ne retient pas un petit rire à la petite boutade de Braedan. « Oui, la différence, c'est que mes huiles à moi sentent bon ! » réplique-t-elle, avant de recouvrer un brin de son sérieux pour répondre à sa question. « Ça a été. J'adore mes patients alors la journée passe très vite. Beaucoup de personnes relaient le massage à un loisir de riches, et quelque part, ils n'ont pas tort. Mais en ce qui me concerne, je construis de vraies relations avec la plupart des personnes qui viennent me voir, à tel point que pour la plupart, ils ne veulent plus être massés que par moi. » Et elle en est très fière, ça s'entend dans sa voix. Elle n'est pas aussi intelligente que Grace, ne peut pas aider les gens de la même façon, mais aime à penser qu'elle aussi peut apporter sa petite contribution au bien-être des gens via ses massages, et l'attention qu'elle leur porte.

Il blague, à propos du fait de venir la voir le week-end pour qu'elle le masse, et elle se prend à espérer, très fort, qu'il ne fasse pas que blaguer. S'il le lui demandait, elle le masserait ici et tout de suite, sans se faire prier et, en en prenant conscience, de nouveau le rose lui monte aux joues. Elle est très au courant de la robe de lubricité que peut revêtir son métier, et elle est certaine qu'il le sait aussi. De ce fait, elle ne peut s'empêcher de s'interroger... Si d'aventure il venait la voir pour un massage, est-ce qu'il s'attendrait à ce que ça dérape ou ça serait vraiment pour ses problèmes de dos ? En ce qui la concerne, elle sait déjà ce qu'elle préférerait et c'est un sourire mutin aux lèvres qu'elle répond. « Tu peux venir quand tu veux. » Et là, elle se fustige. L'invitation est trop évidente, elle va le mettre mal à l'aise... La façon dont il la regarde après ça ne la persuade pas qu'il ait tilté... Quand elle le voit s'approcher, elle se fige, cesse même de respirer malgré son cœur qui s'emballe, se demande ce qu'il compte faire... Et elle reste ainsi, prisonnière du moment, sa tête semblable à un champ de ruine. Elle ne parvient plus à penser, elle ne parvient plus à réfléchir, elle ne voit plus que ses deux billes bleues qui l'observent...

Et, brutal, il se lève, rompant le charme. Alexys est incrédule. A bout de souffle, elle n'a même pas le temps de le retenir qu'il a déjà disparu dans la cuisine. Sa poitrine se hausse et s'abaisse rapidement, elle se met à réfléchir, à réfléchir. S'il a esquissé un geste pareil, est-ce qu'elle peut penser qu'elle lui plaît ? Si elle lui plaît, pourquoi a-t-il eu l'air aussi mortifié ? Dans ses souvenirs, Braedan n'a jamais été aussi indécis avec ses conquêtes, alors quoi ? Et quoi maintenant ? Si elle ne lui plaît pas ? Oui mais si elle lui plaît ? Si elle lui plaît et qu'elle fait un pas vers lui, qu'est-ce qui se passera ? Si elle fait un pas vers lui et qu'elle ne lui plaît pas ? La jeune femme est dans tous ses états. Elle ne sait plus à quel saint se vouer, ne parvient plus à anticiper, à calculer les conséquences qui découleraient de ses actes. Elle envisage de partir, elle envisage d'aller dans la cuisine et de l'embrasser pour de bon... Mais la peur, la peur du rejet, la peur de l'humiliation la peur d'être confrontée à une nouvelle déception, l'enchaîne à ce canapé... Elle n'en bouge qu'à peine pour donner un nouveau morceau de pizza à Cayden, passé entre les gouttes du malaise des deux adultes. .. Elle se tâte à lui demander s'il va à l'école, et si oui, s'il a une copine. Ce serait amusant qu'il lui répondre « Oui, j'en ai 3 ! ». Sitôt le bambin retourné dans la pièce du téléviseur, Alexys enfouit son front dans ses paumes. Elle n'a jamais été aussi indécise de toute sa vie, en proie à tellement de doutes. D'habitude, elle agit sans réfléchir au lendemain... Et quoi ? Concrètement, qu'est-ce qu'elle risque s'il lui dit non ? Elle se prend un râteau, bon. Elle rentrera chez elle, pleurera un bon coup et s'en remettra, comme elle l'a toujours fait. Au moins, elle sera fixée, pas vrai ? Pas vrai ?

Quand elle le voit revenir, elle se sent se déchirer de l'intérieur. Ne pas savoir sur quel pied danser est une véritable torture. Quant à ses excuses foireuses... Elles la font trembler légèrement de nervosité. C'est trop tard pour les excuses, de toute façon. Sa décision est prise. Son fils n'aurait pas été dans la pièce, elle se serait assise sur lui à califourchon pour donner corps à son fantasme de toujours, le premier qu'elle ait eu. Mais quand elle pense à ce petit bout de chou innocent dans la pièce adjacente, elle ne peut se résoudre à pousser les choses aussi loin... Alors elle déglutit, prend son courage à deux mains et se rapproche de Braedan. D'abord, elle ne dit rien, sa jambe agitée de soubresauts nerveux, s'interrogeant si oui ou non elle doit aller au bout de son idée... Et puis, n'y tenant plus, elle se tourne vers lui, pose délicatement sa main sur sa joue et lui vole le baiser qui lui faisait tellement envie, depuis si longtemps. Ils ne sont plus ados, il n'est pas question de glisser ses lèvres sur celles de l'autre et de se mettre à pouffer. Le baiser qu'Alexys donne à Braedan est un baiser plus adulte, plus long, mais sobre, chaste, en quelque sorte. Elle aurait aimé avoir la certitude que son contact ne dégoûtait pas le mécanicien, mais c'est une chose sur laquelle elle ne pouvait pas compter, aussi ne pousse-t-elle pas l'audace trop loin et finit-elle par lui rendre sa liberté relativement rapidement. Une fois fait, elle reprend ses distances et, le rouge lui étant encore une fois monté aux joues, elle n'ose plus le regarder. « Tu me plais, Braedan... Tu me plais beaucoup... » Souffle-t-elle alors, la voix légèrement plus rauque qu'à l'accoutumée. « C'est pour ça que je dois savoir pourquoi tu regrettes. » Son geste avant qu'il ne prenne la fuite dans la cuisine. « Est-ce que c'est parce que tu me vois toujours comme une ado ? Je n'en suis plus une. Est-ce que c'est à cause de ce que j'ai fait il y a dix ans ? » Ce serait légitime, raison pour laquelle elle se sent obligée de se justifier. « Parce que tu sais, j'ai plus touché à rien depuis ce soir là, je te le promets. J'ai même une amie, Grace, qui m'a aidée dans mon sevrage si elle a pu me faire confiance au point de faire de moi la marraine de sa fille alors... » Sa voix s'éteint en cours de route, nouée par l'émotion. Avoir fait tant de chemin pour en arriver là ? Elle se pince l'arrête du nez et se frotte les yeux, puis renifle discrètement. C'est indigne du chemin parcouru, ce qu'elle fait là, justement. Ramper, se justifier... Elle s'était promis de ne plus en arriver là, jamais. Le prix à payer est beaucoup trop élevé. Inspirant un grand coup, elle se racle légèrement la gorge et se reprend. « Excuse-moi. Je n'aurai pas dû. » Non, elle n'aurait pas dû du tout. Et maintenant, il va probablement la toiser de toute sa condescendance et elle n'aurait plus qu'à aller cacher sa honte jusqu'à la fin de ses jours. Glorieux programme, y'a pas à dire...

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MessageSujet: Re: spending the night (alexys&braedan)   Ven 10 Juil - 2:48



Spending the night
ft. Alexys & Braedan

Tant de modestie chez elle. Je continue de sourire quand elle parle de Cayden, mentionnant que mon fils est adorable. Pourtant, quand elle dit qu’il doit aimer tout le monde, j’ai envie de lui répondre que non, il a ses préférences et qu’il est rare que ça clique si facilement. Cay n’est pas particulièrement timide, comme gamin, mais il est plutôt rare qu’il se laisse approcher de la sorte, surtout par les femmes. Il a tendance à ignorer les conquêtes du cousin, lorsqu’il les ramène à la maison, et la voisine peut à peine l’approcher. En même temps, avec les regards et les commentaires qu’elle me lance, ça m’aurait plutôt étonné qu’il l’aime bien. J’ai envie de lui répondre et d’insister, lui expliquer qu’elle n’est pas « comme toutes les autres », mais je crains de m’aventurer sur un terrain glissant et de la faire fuir en courant si je lui parle de l’importance que les femmes de mon entourage s’entendent bien avec mon fils. Il n’a pas de modèle féminin à proprement parler, mis à part Darcy. C’est pourquoi je trouve ça si bien que le courant passe avec la jolie brune. Au moins, je ne suis pas tout seul à l’apprécier, et si un jour les choses viennent à évoluer… Stop, il faut que j’arrête de penser ainsi. Revenant sur terre, je m’excuse une nouvelle fois, lui sortant la carte du « Je pensais à un truc » que je sors tellement souvent et à n’importe qui. Ça a tendance à faire rager tout le monde, d’ailleurs, et je baisse timidement les yeux quand elle me fait remarquer que je suis souvent songeur. Elle me demande si je lui ferai part un jour de ce à quoi je pense et j’hésite un instant avant de croiser son regard, souriant doucement. « Je suppose que oui, on verra bien… » Je change rapidement de sujet pour lui parler de son travail, chose qu’elle semble apprécier d’ailleurs. Je glousse quand elle dit que ses huiles à elle sentent bon, contrairement aux miennes, et pour ça je ne peux pas me défendre, car il est vrai que l’odeur de l’huile à moteur n’est pas le parfum le plus attirant que l’on puisse sentir. Elle poursuit en parlant de son job, qui semble être une véritable passion pour elle en vérité, et je vois presque ses yeux scintiller quand elle me mentionne que certains clients ne veulent être massés que par elle. Une fois de plus, je ne peux m’empêcher d’imaginer que des hommes doivent certainement en profiter, mais je me tais à ce sujet, essayant de ne pas penser à ce détail. Je ne suis pas d’un naturel jaloux, heureusement d’ailleurs, mais il est certain que si j’étais en couple avec elle, je n’aimerais pas que l’on joue dans mes platebandes. Le seul hic dans cette histoire, c’est que nous ne sommes pas ensemble, alors je me dois de simplement accepter le fait qu’elle doit sans doute se faire draguer de temps à autre. Je lui lance donc, mi-blagueur mi-sérieux que je devrais lui rendre visite pour mon dos qui me fait réellement souffrir parfois, après une semaine particulièrement rude. Sa réponse ne se fait pas attendre et je hausse légèrement les sourcils quand elle me dit un petit sourire aux lèvres que je peux venir la voir quand je veux. Je note l’invitation dans mon esprit, et bien que je n’aie jamais fait appel aux services d’une masseuse, je me dis que ça ne pourrait pas être si mal. Et puis bon, il n’y a pas d’arrière-pensée, c’est seulement pour mon dos après tout.

Et puis là, bulle d’air au cerveau, je ne sais pas ce qui me prend lorsque je m’approche d’elle pour essuyer la sauce tomate au coin de ses lèvres. J’aurais pu simplement le lui faire remarquer, lui tendre une serviette, mais non, il faut évidemment que je m’approche et effleure sa bouche du pouce. Après m’être confondu en excuses, je lui sors une nouvelle excuse bidon, ma spécialité, et m’éclipse dans la cuisine afin de prendre le pichet de limonade. Pendant quelques secondes, je me dis que tant qu’à passer pour un idiot, j’aurais tout aussi bien pu tenter le tout pour le tout et l’embrasser, mais je crains que Cayden ne débarque dans le salon et me surprenne. Difficile ensuite de lui expliquer ce qui se passait, surtout quand moi-même je ne sais pas trop comment décrire ce que je ressens. Je me résigne finalement à retourner au salon, marchant la tête basse en cherchant ce que je vais pouvoir lui dire cette fois-ci pour m’excuser. Je lui dis une nouvelle fois que je suis désolé, et que mon geste n’était pas réfléchi. Car il ne l’était certainement pas, comme bien souvent. Je suis trop impulsif, et un professionnel pour me mettre les pieds dans les plats. Finalement, je m’assois à nouveau sur le canapé, gardant mes distances. Il n’y a pas de mot pour exprimer mon malaise à cet instant précis, et je suis tellement concentré à chercher une façon de détendre l’atmosphère que je ne la vois pas se rapprocher de moi. Perdu dans mes pensées, ce n’est que lorsque sa main touche ma joue que je comprends ce qui se passe et mon cœur rate un battement lorsque ses lèvres se collent aux miennes. J’aurais d’ailleurs aimé le voir durer plus longtemps, mais elle se détache rapidement de moi et s’éloigne, son visage prenant une légère teinte rosée. Elle est jolie quand elle rougit comme ça et je souris bêtement, ne sachant trop quoi dire. C’est elle qui brise le silence et sa voix ne sonne pas comme à l’habitude. Ses mots me percutent et je ne sais pas quoi répondre, la fixant les yeux ronds comme des billes. Elle me dit qu’elle a besoin de savoir ce que je regrette et soudainement, je ne suis plus certain de regretter quoi que ce soit. « Alexys… » Je murmure son prénom, mais je n’arrive pas à prononcer la suite. Elle reprend et je hoche la tête négativement à ses questions, n’osant pas parler pour le moment. Je ne la vois plus comme une adolescente, ça, c’est certain. Depuis qu’elle est venue au garage, disons qu’il est plutôt clair qu’elle n’est plus la gamine qui passait son temps avec ma sœur, que j’ai littéralement vue grandir. Ce n’est plus l’adolescente en overdose que j’ai dû conduire à l’hôpital un soir de fête, celle que ma petite sœur a rayée de sa vie même après plus de dix ans d’amitié. « Laisse-moi parler… » Je murmure, elle ne doit pas avoir entendu, forcément, puisqu’elle continue, me parlant d’une de ses amies qui l’a aidé, me racontant que maintenant elle est clean, elle me le promet, même. Je n’ai pas besoin de promesses, elle n’a rien à me prouver. Sa voix tremble alors qu’elle m’explique que son amie l’a même choisie pour être marraine de sa fille, chose qui me fait sourire bien que mon cœur se resserre à chaque mot qu’elle prononce. J’ai l’impression qu’elle va éclater en sanglots, et je n’ai jamais été à l’aise avec les gens qui pleurent.

C’est à son tour de s’excuser, elle dit qu’elle n’aurait pas dû faire ça. Je me mords la lèvre inférieure, hésitant quelques secondes. « Tu n’as pas à t’excuser, c’est…je ne m’attendais pas à ça… » je me rapproche d’elle et glisse un bras dans son dos, l’attirant contre moi pour la réconforter, car je suppose qu’elle en a besoin, elle semble bouleversée. « Tu sais, tu n’as pas à te justifier, on a tous fait des bêtises. Je t’ai jamais jugée pour ce qui s’est passé, je vois pas pourquoi je le ferais maintenant. » C’est vrai qu’en matière de bêtises, j’en ai aussi mon lot. Certes, je n’ai pas manqué de crever en prenant de la drogue, mais elle a été mal conseillée dans cette histoire, elle n’est pas vraiment coupable selon moi, plutôt victime de sa naïveté. Elle avait seulement seize ans après tout. Un frisson me parcourt l’échine et je dépose doucement mes doigts sous son menton, relevant son visage pour plonger mon regard dans le sien, noir comme la nuit. J’hésite quelques secondes, mais j’entends dans la chambre mon fils rire aux éclats, devant un dessin animé sans doute, et je souris doucement en sachant qu’il ne sortira pas en trombe de la pièce, car il est trop occupé avec la télévision. L’emprise de mes doigts se relâche et ma main glisse doucement sur sa joue avant que je me décide finalement à me lancer, l’embrassant à mon tour, fermant même les yeux au contact de ses lèvres sur les miennes. Mon cœur bat tellement vite que j’ai l’impression qu’il va s’arrêter, et je perds la notion du temps, ma main sur son dos glissant au bas de celui-ci. « Et puis crois-moi, tu ressembles plus du tout à l’ado de seize ans qui se cachait pour fumer des pétards avec ma sœur en douce. » Je ne prends même pas la peine d’éloigner mon visage du sien, murmurant mes paroles en effleurant sa bouche. Et puis merde, il posera des questions, ce n’est pas comme s’il n’avait jamais vu des gens s’embrasser, après tout. Ma main se perd dans ses cheveux tandis que l’autre se pose sur sa taille, l’attirant un peu plus vers moi, la serrant un peu plus dans mes bras avant de se faire plus baladeuse, effleurant sa cuisse à travers son jeans. Le téléphone sonne et je sursaute, me détachant de la brunette à regret pour me lever. « Ce doit sûrement être la fille qui passe son temps à demander des nouvelles de Kellyan… » Je me lève et attrape mon téléphone qui traîne au fond de la pièce, sur un petit bureau de travail. Je ne prends pas la peine de regarder le numéro affiché, et lorsque j’entends la petite voix aigüe au bout du fil, je me fige, fixant Alexys. « Darcy? » Je pousse un soupir, écoutant à moitié son discours. « Écoute, je peux pas te parler longtemps…ouais, j’allais l’emmener à la douche, là, il doit bientôt aller dormir…Darcy, j’ai pas le temps, on en parlera une autre fois d’accord?... Ouais, bien sûr, moi aussi je t’embrasse. » Je raccroche et dépose le téléphone sur le bureau, prenant une grande respiration. Je passe une main tremblante dans mes cheveux, les ramenant vers l’arrière, puis me retourne pour faire face à Alexys. Je me mords la lèvre inférieure, puis m’approche du canapé. Jetant un coup d’œil à la table basse j’esquisse une légère moue, constatant qu’il faudra ranger tout le bazar. Mon regard croise ensuite celui de la jeune femme, et je dépose un baiser sur son front, lui adressant ensuite un sourire. « Je peux te proposer d’attendre ici pendant que je lui fais prendre une douche et le mets au lit? Ça devrait prendre trois-quarts d’heure, pas plus. » Mes lèvres glissent jusqu’aux siennes et je dépose furtivement un nouveau baiser sur ses lèvres avant de poursuivre, une pointe de malice dans le regard. « Ou bien demain, je pourrais laisser Cayden chez ma sœur et passer chez toi en prétextant avoir un horrible mal de dos? » Je sais que je devrai forcément me trouver un prétexte pour qu’elle accepte de faire du babysitting, mais je trouverai bien un moyen pour qu’elle me dise oui, après tout elle ne résistera pas bien longtemps à la bouille de son neveu, c’est certain.

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spending the night (alexys&braedan)
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