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 (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream

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FONDA' MONSTRUEUSE MAIS ADORABLE
avatar
ORIGINES : Canadien et écossais de bien loin
LOVE LIFE : C'est assez compliqué.
AVATAR : Charlie Hunnam
CRÉDITS : Snatch
MESSAGE : 261
A KELOWNA DEPUIS : 16/06/2015

MessageSujet: (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream   Sam 27 Juin - 5:21


Braedan McKenzie

AGE : 36 années derrière lui.
ORIENTATION S. : Hétérosexuel, mais il est ouvert d'esprit hein.
METIER : Mécanicien, il fait visiter les touristes à ses heures perdues.
STATUT SOCIAL : Éternel célibataire, faut dire qu'il est difficile à supporter.
ORIGINES : Canadien avec des origines écossaises lointaines.
GROUPE : A Place Called Home




le caractère
Braedan, il est du genre à ne pas se casser la tête. Il déteste quand c’est trop compliqué, d’ailleurs il fuit les histoires trop complexes. × Il ne réfléchit pas beaucoup avant d’agir, c’est quelqu’un de très spontané et plutôt maladroit, il lui arrive plus que fréquemment de se mettre les pieds dans les plats.  × Insouciant, il n’est pas du genre à s’inquiéter dans la vie. Plutôt du genre optimiste, il est rare de le voir s’inquiéter de tout et de rien. × Sociable, il est très confortable avec les gens, même les purs inconnus. On pourrait le qualifier de bon vivant. Il est d’ailleurs plutôt gentil et serviable, et il lui arrive fréquemment d’aider les touristes à se repérer en ville. × Bien qu’il soit une personne très gentille, il est aussi très têtu et déteste avouer lorsqu’il a tort. × Assez lunatique, il lui arrive relativement souvent de faire des bêtises, mais Braedan n’aime pas admettre lorsqu’il fait des erreurs. × N’importe qui le connaissant sait aussi pertinemment que le blondinet est quelqu’un d’excessivement désordonné. × Il tente de faire des efforts pour donner un environnement sain à son garçon, mais il vaut mieux ne pas se risquer à ouvrir ses armoires, c'est un vrai bordélique. × Braedan est un éternel célibataire. Bien qu’il adore rencontrer des gens, il a tendance à garder ses distances avec les filles, oubliant bien souvent de les rappeler pour son propre bien, car il a tendance à s'attacher très vite. C'est un grand romantique et le parfait exemple quand on dit que l'amour rend con. Sa relation avec son ex était particulièrement tumultueuse et s’est assez mal terminée, et encore aujourd’hui il en garde des mauvais souvenirs. Pourtant, vous ne l'entendrez jamais parler d'elle. × C’est un garçon plutôt sensible, malgré ses airs lunatique. On pourrait croire qu’il se « fiche » un peu des sujets sérieux, mais ce n’est pas le cas. Il est seulement peu démonstratif de ses émotions lorsque les discussions sont importantes. × C'est un « accro à l'amour » bien qu'il tente de fuir les relations sérieuses à présent pour s'éviter des déceptions. Pour tout dire, il fuit les relations tout court. × Si vous le cherchez, il sera sans doute dans son jardin à cultiver ses légumes, ainsi que le petit plant de cannabis qu'il fait pousser derrière le hangar à l'abri des regards. × Il lui arrive souvent de se promener nu sur son terrain, mais ça, c’est seulement quand sa voisine ne râle pas. Quoiqu'il aime bien la faire râler, même s'il n'a jamais vraiment compris ce qu'il l'embêtait. × Braedan est incapable de se lever le matin pour faire son jogging. Il déteste courir, mais c'est un accro du fitness. Il n'a pas vraiment honte de montrer les résultats d'ailleurs. × Adepte du jardinage, c'est pourtant un piètre cuisinier. Il a de la difficulté à se concentrer plus de cinq minutes sur quelque chose, alors pour les plats très élaborés on repassera. × Il cohabite non seulement avec son fils de presque trois ans, mais aussi avec son cousin. D'ailleurs, ce n'est pas toujours facile entre ces deux-là, disons que leur relation manque de sérieux. × Braedan ne roule pas sur l'or, mais il se débrouille plutôt bien financièrement. Il a un grand coeur, il est même un peu naïf parfois et il arrive que les gens profitent de lui et qu'il ne s'en rende pas tout à fait compte. × Braedan fume la cigarette. Enfin, il l'allume, prend une ou deux bouffées et l'éteint, toutefois il ne fait jamais ça en présence de son fils. Ce n'est pas non plus un très gros buveur, d'ailleurs heureusement que son cousin est là pour ramasser, car il a tendance à oublier des bouteilles à moitié remplies un peu partout dans la maison.


un peu plus sur toi
Je m'appelle Snatch, j'ai 22 (presque 23) ans, je suis canadienne, je suis disponible un peu trop souvent pour vous servir, c'est moi qui est à l'origine du forum, et puis voilà c'est ça.  

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FONDA' MONSTRUEUSE MAIS ADORABLE
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ORIGINES : Canadien et écossais de bien loin
LOVE LIFE : C'est assez compliqué.
AVATAR : Charlie Hunnam
CRÉDITS : Snatch
MESSAGE : 261
A KELOWNA DEPUIS : 16/06/2015

MessageSujet: Re: (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream   Sam 27 Juin - 5:21



Family is the most important thing
unless you're a drug addict



Prologue
Dès le début de sa grossesse, j’ai donné du fil à retordre à ma mère. Des nausées atroces, des insomnies, je n’étais certainement pas un cadeau. Pourtant, l’arrivée du premier enfant de la famille était tellement attendue que même tous les effets secondaires associés à ma venue ne semblaient pas avoir d’importance. Il y avait cette espèce de compétition, de prime abord, entre mon oncle et maman. Qui serait le premier à agrandir la famille. Ils ont été quatre ans sans s’adresser la parole par la suite, simplement parce que j’étais né. C’était complètement stupide que vous vous direz. Ne vous demandez pas ensuite pourquoi mon cousin a un tel caractère, ce n’est pas pour rien. Darcy est née par la suite, puis Kyllian est né, mon cousin. C’est là où ils ont enterré définitivement la hache de guerre. Selon mes parents, ils ont souvent regretté de l’avoir autant désiré, par la suite, mais j’ai toujours préféré ne pas me mêler des histoires de mon cousin. Il fait un tas de conneries, mais bon, il reste tout de même mon cousin, je ne peux quand même pas le détester.

Braedan, 10 ans
« Braedan! Braedan, reviens ici! Redonne-moi ça t’es pas marrant! » La petite voix nasillarde que l’on entend au fond du couloir, c’est Darcy, ma petite sœur. Sa poupée préférée à la main, je déambule dans la maison et le plancher de bois craque sous mes pas. Elle les entend clairement et me suit à la trace, elle a toujours été plutôt futée. Elle déteste quand je lui pique ses affaires, mais c’est tellement drôle de la voir se fâcher et devenir rouge comme une tomate que je ne peux pas résister à la faire choquer. On a cinq ans de différence, Darcy et moi. Nous sommes les deux seuls enfants, du moins pour le moment. Ma mère est enceinte, mais on ne sait pas encore qu’elle ne mènera jamais cette grossesse à terme. Elle fera une vilaine chute dans les escaliers en voulant sortir les poubelles. Combien de fois avait-elle dit à papa que quelqu’un finirait par se tuer dans les marches du gros escalier de fer avant que ça se produise? Il le changera par la suite, mais il sera déjà trop tard de toute façon. « Braedan redonne sa poupée à ta sœur, elle te l’a demandé déjà assez poliment! » J’entends mon père s’approcher lui aussi, et voilà, je suis foutu; si je ne lui redonne pas sa satanée poupée, je risque d’être puni ou pire encore, privé de dessert. Regardant la poupée de chiffon pas particulièrement belle, je me demande ce que ma petite sœur pouvait bien lui trouver. La petite blondinette apparaît en courant dans le couloir, prête à me sauter dessus, le regard froncé. J’ai envie d’éclater de rire à sa bouille sérieuse et autoritaire. « Tu pourrais au moins dire “s’il te plaît”, ce n’est pas très poli sinon. » Elle me fait une grimace et m’arrache la poupée des mains avant de la serrer dans ses bras comme s’il s’agissait de l’objet le plus précieux de la terre. Enfants, on se disputait souvent Darcy et moi, comme tous les gamins. En vieillissant, j’étais le grand frère protecteur, mais elle avait un sale caractère donc elle n’avait pas vraiment besoin de moi sur ce point. Les garçons un peu trop chiants, elle leur bottait les fesses par elle-même. Les parents travaillaient souvent, alors il arrivait assez fréquemment que l’on soit tous les deux à se débrouiller pour la soirée. C’était plutôt bien, on se regardait un film ridicule bien souvent, et on finissait par s’endormir sur le canapé. Je me réveillais toujours en premier et la traînais dans mes bras jusqu’à sa chambre pour la border. Pendant un moment, elle a cru qu’elle était somnambule. Je n’ai pas démenti cette supposition, jusqu’à ce qu’elle me prenne sur le fait à l’allonger sur son lit et replacer les couvertures. Je fais mine de m’éloigner en sifflotant, mais elle n’achète pas mon attitude innocente. Elle fait bien, car dès qu’elle se retourne pour retourner dans la salle de jeux qui est en fait le salon, je me jette sur elle et l’attrape. Elle hurle, d’un cri pas vraiment effrayé et me tape dessus avec ses petits poings. « BRAEDAN, LÂCHE TA SŒUR. » Je soupire, puis la chatouille un peu. Elle cesse de hurler et se contente de rigoler, laissant tomber la poupée sur le sol. « Dis, tu veux pas venir jouer avec moi? » Je la regarde en grimaçant. « T’es sérieuse, à la poupée? » Elle ricane. « Non, idiot, au parc. » Mes parents ne la laissent jamais y aller seule. Je regarde en direction de la cuisine, ma mère est occupée. Pourquoi pas, le soleil s’est enfin pointé le bout du nez après tout. « C’est bon, mais j’suis pas ton esclave de la balançoire aujourd’hui hein. » Je dis ça, mais je vais tout de même finir par la pousser haut dans les airs quand elle me le demandera.

Braedan, 15 ans
« C’est horrible! Tes notes ont encore chuté cette étape-ci! Si tu continues comme ça, ta petite sœur va te rattraper et être diplômée avant toi…Braedan, est-ce que tu m’écoutes? » Un claquement de doigt au bout de mon nez me sort de mes pensées. Il m’arrive plutôt souvent de ne pas écouter lorsqu’on me parle des cours ou de tout ce qui se rapproche de ça. Je n’ai jamais vraiment été très passionné par l’école et ça se voit bien dans mes résultats scolaires. Réalisant que je n’écoutais pas un mot de ce qu’elle me disait, ma mère soupire et se prend la tête entre les mains. Au moins, ils ont Darcy. Je sais qu’ils ne veulent pas le dire, mais ça se voit dans leur visage que c’est ce qu’ils pensent. Ça ne m’offense pas trop, en même temps j’adore ma sœur. Elle finira sans doute neurochirurgienne ou scientifique à trouver un remède pour une maladie incurable. La porte d’entrée claque et interrompt notre conversation, du moins le monologue de ma mère. Je suis soulagé pendant un instant, mais ça ne dure pas très longtemps. La voix tonitruante de mon père résonne et je pense même que le mur qui nous sépare tremble pendant quelques secondes. « BRAEDAN MCKENZIE, OÙ ÉTAIS-TU ENCORE PENDANT TES COURS DE MATHS ET D’ANGLAIS? » Ma mère me regarde d’un air interrogateur, elle aimerait bien me défendre mais disons que j’ai un peu – beaucoup – tendance à chercher les ennuis. Mon père lance sa mallette qui échoue sur le plancher de bois et s’approche de nous. Il regarde ma mère d’un air tendre, puis moi avec un peu moins d’affection. Il n’est visiblement pas très content. « L’école a encore appelé. Bordel, est-ce que tu te rends compte que c’est la troisième fois cette semaine? Et on est seulement mercredi… » Il tire sur la troisième chaise et s’y affale. Mon père est cadre dans une usine. Il rentre souvent avec une sale humeur et mon attitude qu’il juge comme « inconsciente » n’aide pas du tout son cas. Encore heureux que je ne fréquente pas encore les filles. Non, ça, ça ne viendra que l’année suivante. Ma mère s’arrachera les cheveux et mon paternel aura envie de m’étrangler à chaque nouvelle demoiselle qui franchira le seuil de la porte. Si elle se rend à cette étape cruciale, bien entendu. Inutile de dire que ce sera plutôt rare, pendant un certain temps, et que je préfèrerai nettement les sièges arrière de voiture ainsi que les toilettes publiques et les parcs sombres. On fait avec ce que l’on a, quand on est adolescent. « Est-ce que tu penses à ton avenir, parfois? » J’ai seulement quinze ans, quand je pense à mon avenir, je ne vois pas grand-chose. En même temps, quel ado de quinze ans pense à son avenir? « Bah, pas vraiment. » Ma mère pose une main sur l’épaule de mon père, et celui-ci hoche la tête et soupire, exaspéré. « Braedan, enfin, c’est toute ta vie que tu mets en jeu. Arrête de faire le gamin, tu es presque un homme. » J’arque un sourcil. Un homme. Quand je lui pique une bière, c’est pas ce qu’il dit pourtant. Je pense que je suis un homme quand ça lui chante. Je hausse les épaules. « J’aime pas l’école, c’est pas mon truc. Je me sens pas à ma place. » Ma mère se met à pleurer et mon père me gifle. Bah voilà, c’est ce que ça donne l’honnêteté. « Quand tu auras dix-huit ans, tu feras ce qui te plaît, mais pour l’instant, tant que tu vivras sous mon toit, mon fils, je ne veux plus entendre parler de tes conneries. » J’ai continué à sécher les cours, mais au moins mes notes se sont améliorées. J’ai rencontré des gens qui m’ont bien aidé à ce niveau-là, pour recopier leurs devoirs. Heureusement d’ailleurs. Je crois pas que j’aurais un diplôme.

Braedan, 19 ans
Je suis le plus vieux de ma promo et je me tiens fièrement – enfin, si on peut dire – sur le podium avec les autres gradués, mon diplôme en main, ce sourire idiot sur les lèvres. Je suis aveuglé par les flashs des appareils photos, comme tous les autres étudiants qui en ont marre et qui ont hâte de rentrer faire la fête pour célébrer la fin des examens. Tout le monde va se réunir au pub du coin, ce soir, et s’éclater. Sauf moi, qui bosse. Un coup de coude dans mes côtes me fait sortir de mes pensées. « Hey, Dan, t’es certain que tu peux pas te libérer? » Je soupire. Cole est le petit nouveau qui travaille avec moi depuis peu. Il a eu dix-huit ans cette année et ils l’ont embauché pour laver les verres sales. Ce soir le pub lui a donné son congé pour qu’il puisse fêter sa graduation. Je n’ai pas cette chance, je suis barman. Je hoche négativement la tête. De toute façon cette soirée sera beaucoup trop payante pour la laisser passer. « Je peux pas, désolé. C’est pas grave, on fêtera un autre soir, mec. » Il hoche la tête. Il est plutôt sympa, même s’il est un peu coincé par moment. Le cliché du type binoclard et boutonneux, quoi. Aussitôt la cérémonie terminée, j’allume une cigarette, puis profite du fait que mes parents ne soient pas dans mes pattes pour la troquer pour un petit joint. Ça fait quelques années que je fume, mais je préfère éviter de les scandaliser avec l’herbe. Surtout mon père, je crois qu’il me foutrait une raclée monumentale s’il apprenait. Alors que je m’appuie contre le mur de brique rouge, collant ma tête contre celui-ci, un ouragan blond arrive devant moi et m’arrache le joint des mains. « Non mais ça va pas!? » Je fronce les sourcils et regarde Darcy qui tire une longue latte de la cigarette magique. Je hoche la tête, un peu découragé. Elle s’est légèrement rebellée, la petite, même si elle reste méga-sage aux yeux des parents. « Non mais si tu croyais passer incognito avec moi, tu te trompes. » Je la regarde. Elle ne fait pas ses quatorze ans, franchement. « Tu vas faire la fête avec tes potes ce soir? » Je hoche négativement la tête. « Non, je travaille, faut bien que je paie cet appartement. » Elle lève les yeux au ciel. J’ai prévu partir dans quelques mois, j’ai trouvé un logement pas très cher et décent, puis je pourrai faire mon cours de mécanique loin de mes parents et de leurs commentaires disgracieux à propos de mon prétendu manque d’ambitions. Parce que selon eux, réparer des voitures, c’est pas un métier très noble. Pourtant, mon père n’est pas avocat ou ma mère médecin, alors je ne comprends pas pourquoi ils critiquent tant. Darcy n’aime pas trop l’idée que je parte tout seul, je pense qu’elle a peur que ça tourne mal. Pourtant je ne m’inquiète pas trop pour ça. Je fais bien des conneries, mais je suis assez débrouillard. « Eh merde! » Elle jette le joint au loin alors que j’entends des pas qui se dirigent vers nous. Les parents. Je soupire et Darcy se jette dans mes bras, faisant mine d’être toute contente. Elle est franchement maligne, la petite.

Braedan 22 ans
Ça fait bien un an que l’on économise pour ce voyage, Cole, Connor et moi. Las Vegas, Nevada. Les États-Unis d’Amérique. C’est venu sur un coup de tête à la base, quand Connor a couché avec cette agente de tourisme et qu’il a trouvé cette brochure qui traînait sur la table de sa cuisine. Puis le projet a vraiment pris forme dans nos têtes. Les gars allaient avoir vingt-et-un ans, moi vingt-deux, on aurait tous notre majorité et on pourrait faire tout ce qu’on voudrait là-bas. Les casinos, les jolies filles dans les bars de luxe, bref, ça sonnait comme le paradis pour nous et plus on planifiait le voyage, plus on jugeait cette idée comme géniale.
***
C’est au bar de l’hôtel que l’histoire a commencé à prendre une toute autre tournure pour moi. Assis sur le petit tabouret face au barman, je bois avec dédain la bière qui goûte étrangement l’eau. Il faut dire que lorsqu’on a bu de la bière canadienne toute une vie, passer à l’américaine c’est un sacré changement. Les gars m’ont déjà abandonné pour aller tenter leur chance sur les machines de loterie, très peu pour moi personnellement. Je n’ai jamais été très chanceux avec ces trucs, et j’attends les vrais casinos, ceux gigantesques que l’on voit dans les films. À cette heure du jour, il n’y a pas grand monde au bar. Peut-être parce que les gens ne boivent pas à dix heure du matin. Deux brunettes et une blonde aux cheveux bouclés captent mon attention. La blondinette éclate de rire, plongée dans la discussion qu’elle a avec ses amies. Elle est particulièrement jolie. J’abandonne ma bière et sans plus réfléchir, je marche jusqu’à elles, enfouissant mes mains dans mes poches. Les trois filles me regardent et une des deux brunettes me lance un sourire amusé. « Salut, on peut t’aider? » Je réalise que je ne sais pas trop quoi leur dire. Je pourrais leur sortir le cliché du verre, mais elles semblent déjà plutôt bien servies sur ce coup. « Non, en fait j’ai cru comprendre que vous étiez vous aussi des touristes… » Je passe une main dans mes cheveux et mon regard croise les grands yeux bleu de la blondinette. J’ai jamais été très doué pour aborder les filles. Je suis plutôt sociable, certes, mais disons que je ne suis pas un pro des discussions intelligentes. Elle glousse et rougit. Sa comparse ne semble pas aussi ravie de me voir et arque un sourcil. « Ouais, et toi aussi? C’est cool. T’es quand même pas venu ici seul, non? Pourquoi tu ne retournerais pas voir tes potes? » Je me fais carrément rembarrer. J’écarquille les yeux et les mains toujours enfouies dans les poches, je m’apprête à partir mais la blonde prend la parole. « C’est bon, Kate, laisse-le. Tu veux t’asseoir avec nous? Moi c’est Abby. » Elle me fait une place sur sa banquette et je ne prends pas beaucoup de temps avant de m’installer à ses côtés. « Braedan pour moi. Enchanté, et désolé Kate, je voulais pas gâcher ta matinée. » Je lance un sourire moqueur à la dénommée Kate et l’autre brunette, qui je l’apprendrai plus tard s’appelle Allison, rigole.
***
Ses doigts tracent des cercles invisibles sur mon biceps et je ramène la couverture vers nous. Les boucles blondes d’Abby chatouillent mon cou, et je dépose un baiser sur son front. « C’est de la folie, tu le sais bien. » Elle glousse et me pousse l’épaule de son poing fermé, puis je lui adresse un large sourire. Ça fait à peine trois jours que l’on se connait, mais je suis complètement fou d’elle. Je suis persuadé que c’est la femme de ma vie, à vrai dire. La future mère de mes enfants, littéralement. « Et alors, pourquoi pas? » Je lui ai demandé de m’épouser avec la bague que j’ai achetée dans une petite boutique. J’ai gagné au black jack, pas une énorme somme mais assez pour acheter un joli diamant. Elle me regarde et glousse, puis hoche la tête avant de m’embrasser. Elle remonte la couverture au-dessus de sa tête et monte sur moi, et mes mains se posent sur ses hanches. Quelques heures plus tard, je suis marié avec Abby. Inutile de dire que ma famille a eu un choc à mon retour au pays.
***
« Non mais tu déconnes, t’as épousé une meuf à Vegas?! » Darcy me lance le coussin qui traîne sur le canapé et me regarde avec de grands yeux, ce regard rempli de reproche qu’elle me fait toujours lorsqu’elle n’est pas d’accord. Abby n’est pas encore emménagée pour le moment, on a préféré attendre que tout le monde soit au courant. « Relax, tu dis ça comme si c’était super dramatique. » Ma petite sœur se lève et respire un grand coup. Je pense que si elle en avait la force, elle me frapperait super fort. « Non mais c’est super grave! Merde, Dan, franchement, tu la connais depuis quoi, deux semaines? Bordel… » Elle jure comme un bûcheron, et se tape la main sur le front avec cet air vraiment découragé. Du haut de ses dix-sept ans, elle est mille fois plus mature que moi. Je souris, même si ce n’est pas très drôle. « Calme-toi, tu vas voir elle est super sympa. Et je l’aime, tu sais. » Elle me lance un regard encore plus énervé. « Braedan, tu l’aimes pas, tu couches avec elle depuis deux semaines. T’as aucune idée de ce que c’est l’amour! » Je fronce les sourcils. « Et alors, t’en as aucune idée non plus. » Elle se tait et fait une moue boudeuse. Elle sait que je marque un point, mais il reste quand même qu’elle n’a pas tort, si ça se trouve ce n’est qu’une histoire de cul avec Abby et ça ne durera pas.

Braedan, 23 ans
Je regarde la voiture qui s’éloigne, emportant au loin ma nouvellement ex-femme loin d’ici. Les papiers du divorce sont fraîchement signés, à peine treize mois après notre mariage. Divorcé à vingt-trois ans, on ne peut pas dire que ce soit une réussite. Assise dans le canapé en tailleur face à moi, Darcy tente de me remonter le moral. Je me sens comme un moins que rien. « Allez, elle te méritait pas, c’est tout. » Je soupire et regarde la blondinette qui vient de laisser tomber la phrase ô combien clichée que tout le monde a déjà entendue. « Elle a dit qu’elle avait l’impression d’être une baby-sitter. » Darcy fait une petite moue et lève les yeux au plafond. Pour elle, cette histoire n’a jamais eu de sens. Je pense que je suis le seul qui ai donné de l’importance à ce mariage. Si ça se trouve, même Abby le voyait comme une blague. « Je suis sûre que tu vas t’en remettre bien vite, c’est pas les filles qui manquent à Kelowna. » Son ton est blagueur et je roule les yeux, me calant dans mon fauteuil. « J’ai pas envie de rencontrer d’autres filles, je l’aimais vraiment, Darcy. » Je prends une pause, songeur. « J’arriverai pas à l’oublier. » Elle éclate de rire et je fronce les sourcils. « Tu dis ça à chaque fois Brad, depuis ta première copine que tu me sors la même chanson. » Je sors une cigarette et la glisse entre mes lèvres avant de l’allumer. « Ouais, mais là, c’est sérieux. » En fait, Darcy avait raison.

Braedan, 26 ans
Je finalise de paqueter mes dernières valises, rangeant tout dans ma voiture. Darcy se tient devant moi, l’air furieux sur son visage montre à quel point elle n’approuve pas ma nouvelle bêtise. « Tu la connais depuis trois semaines, Brad, et tu décides comme ça que tu te barres faire le tour du pays avec elle? » J’ai rencontré Candy dans un bar… En vérité elle s’appelle Elizabeth, et elle est strip-teaseuse. Le courant a directement passé entre nous, et après son quart de travail, on s’est retrouvé pour parler, puis on s’est donné rendez-vous à nouveau, et maintenant je ne peux plus me passer d’elle. « Je sais ce que t’en penses, et que pour toi c’est juste un truc passager… » Ma sœur soupire, exaspérée. Parfois, j’ai l’impression que c’est elle l’aînée. « J’arrive pas à croire que tu laisses tout tomber pour cette fille, ça fait pas de sens, bon sang t’es con ou quoi? » Rangeant mes derniers bagages, je réfléchis à ce que je vais dire et opte pour une réponse simple. « Tu peux pas comprendre. » En vérité, même moi j'ai de la difficulté.

Je déménage à Vancouver avec Elisabeth, on a trouvé un appartement plutôt bien. Elle va suivre des cours pour devenir secrétaire, et moi je trouverai bien un boulot en mécanique, ça ne sera sans doute pas bien difficile à trouver. Kyllian a quelques problèmes avec sa petite copine, alors je lui ai proposé de prendre mon appartement en attendant qu'il se remette sur pied. Finalement, ça n'arrivera jamais et à mon retour, il y sera encore, mais ça, c'est une autre histoire.

Braedan, 27 ans
« Braedan, c’était qui, cette fille? » Beth arrive derrière moi, je suis affalé sur le canapé, somnolant devant une série débile. Je ne comprends pas tout de suite de qui elle parle, en même temps, je suis mécano, des gens il y en a des dizaines qui défilent tous les jours devant moi. « Quelle fille? » Elle ricane sur un ton sarcastique, croisant les bras. « Ah, parce qu’il y en a eu plusieurs, en plus? Cette pétasse qui a laissé un message sur ta boîte vocale. » Je lève les yeux vers elle et lui coupe la parole. Visiblement, ça ne lui plaît pas, et Beth me lance un regard noir. « C’était juste une fille qui est passée au garage… Sa courroie était foutue et elle avait pas de rendez-vous, j’ai juste… » Sans prévenir, Beth attrape la télécommande et l’envoie valser sur mon torse. Je la regarde d’un air surpris, je n’aime pas quand elle a ce genre de réaction. « Enfin, Beth… » Elle me tourne le dos et s’éloigne en criant. « Y’a pas de “enfin Beth”, j’en ai marre Brad, tu répares les voitures de toutes les filles du quartier comme ça par gentillesse? Elle a fait quoi en échange, hein? » Je me lève du canapé, incrédule. Les engueulades stupides prennent toujours des proportions démesurées avec elle, et bien que je sois fou amoureux, parfois je me demande si ça en vaut vraiment la peine. Elisabeth est dans la chambre et je l’entends ouvrir les tiroirs un à un. Je passe à la cuisine me prendre une bière, puis y reste un petit moment, réfléchissant à ce que je vais bien pouvoir lui dire cette fois-ci pour la calmer. Je n’ai rien à lui dire, après tout je n’ai rien fait de mal. J’ai simplement rendu service à cette fille. Quand je m’aventure dans la chambre, Beth s’apprête à en sortir, ses bagages à la main. « J’en ai marre, je m’en vais. » Elle me bouscule, et ne sachant quoi faire je la regarde se diriger vers la porte.

***

Trois mois plus tard, la poignée de la porte tourne et pourtant je n’attends personne. Dans la cuisine, je prépare le repas en solitaire, comme tous les soirs depuis que mon ex est partie. Je me fige lorsque je me retourne et l’aperçois qui dépose ses affaires sur le sol, me regardant d’un air coupable. Ce petit air qu’elle me fait toujours quand elle veut se faire pardonner quelque chose, et qui me fait craquer à chaque fois. J’éteins le rond du poêle et croise les bras, baissant les yeux. « Je suis désolée, j’ai été conne. » Ah pour ça, elle a été conne c’est certain. Pourtant je ne dis rien, me contentant de hocher la tête faiblement, détournant le regard et fixant le mur. Elle n’est pas idiote, elle me connait depuis le temps. Beth s’avance lentement, tel un chat, et ses mains se déposent sur mes hanches. Je pense à Darcy qui me tuerait à cet instant précis, et j’ai même une pensée pour mon cousin. Je ne pense pas souvent à lui, mais bizarrement en ce moment je l’envie. Il est plus jeune, je suppose que c’est pour ça que personne ne le blâme pour être con, mais aussi parce qu’il n’est pas aussi naïf. J’ai 28 ans, mais je suis peut-être aussi un peu trop romantique. « C’est pas grave, c’est pas ta faute, on en parle plus… » Jusqu’à la prochaine dispute du moins. Un baiser et la hache de guerre est à nouveau enterrée. Beth m’entraîne jusqu’à la chambre, parce qu’il y a bien que dans cette pièce où l’on ne s’engueule pas.

Braedan, 31 ans
« Braedan, est-ce que tu m’écoutes? » Je somnole, allongé sur le lit. Elisabeth parle, fort et rapidement. Il y a un petit moment déjà que j’ai perdu le fil de la conversation et que je me contente de hocher la tête à ce qu’elle dit. « Bien sûr que je t’écoute, tu crois quoi? » Elle fronce les sourcils, elle ne me croit pas bien entendu. Mais ce n’est pas ‘parce qu’elle me connait bien’, en fait. J’aurais pu l’écouter réellement qu’elle ne m’aurait tout de même pas cru. « Ah oui, alors qu’est-ce que je te disais? » Merde. Je regarde le fond de la pièce, réfléchissant. Je ne sais pas, à vrai dire ma petite amie passe d’une conversation à une autre et parfois elle m’étourdit. « Je…Tu parlais de maison, non? Que tu avais vu une maison… » Elle me coupe et se redresse sur le lit, me lançant un regard courroucé. « Ça doit faire une heure que je t’ai parlé de ça. Tu écoutes vraiment jamais rien, non? Je parlais de Jennifer, tu sais cette fille avec qui je travaille? Bah elle est enceinte. »  Je suis mal à l’aise quand elle prononce ces mots. Elle s’attend visiblement à une réaction et je n’arrive pas à répondre plus qu’un simple « Ahh… » très peu expressif. Je devine où elle veut en venir, et bien que j’aie réussi à esquiver cette question déjà plusieurs fois, je sens que ce soir je suis dans une impasse. « Un bébé, ce serait bien, non? » Je baisse les yeux timidement, cherchant les bons mots. « Beth, c’est trop tôt. On vient tout juste de se remettre ensemble… » Pour la troisième fois qui plus est. Elle est repartie à deux reprises depuis la première fois, et à peine un mois après qu’elle soit revenue à l’appartement, la voilà qui revient à la charge en me parlant de fonder une famille. « C’est pour ça justement que je suis partie. Tu veux pas t’engager. » En même temps, son attitude ne donne pas trop envie. Je ne dis rien et la regarde se lever. Elle met sa robe de chambre puis hésite un instant avant de reprendre la parole, croisant les bras. « En fait, tu sais quoi, c’est toi qui va dormir sur le canapé. » À mon réveil ce matin-là, elle n’était même plus dans notre lit. Elle avait laissé une note, par contre. Pour me dire qu’elle en avait marre, et qu’elle ne reviendrait plus. Elle l’a dit souvent, ça, mais elle n’a jamais été très douée pour tenir ses promesses.

Braedan, 33 ans
Depuis qu’elle m’a largué, j’ai pris une résolution. J’ai décidé que je prenais une pause, que je faisais une croix sur l’amour, sur tous ces trucs compliqués qui m’ont miné le moral pendant trop longtemps. Tout seul dans mon appartement de Vancouver, pourtant il ne faut pas croire que j’ai passé mon temps isolé. Je sortais dans les bars, peut-être un peu trop d’ailleurs. Combien de fois Darcy m’a appelé, constatant que je décuvais, me faisant la morale. « Braedan, t’as plus vingt ans, t’en 33. T’es plus un môme, t’attends quoi pour te caser? “C’est le message qu’elle m’a servi pour mon anniversaire. Je ne savais pas vraiment quoi lui répondre, bien honnêtement.
Ce soir-là, avec d’autres amis ainsi que des employés du garage, on avait prévu aller au bar, celui où l’on allait presque tous les week-ends, mais aujourd’hui c’était une occasion spéciale, on fêtait mon anniversaire. Je savais qu’il y aurait des tas de gens. On m’avait prévenu. Je ne suis pas un grand amateur de foules. Je ne suis pas particulièrement timide, mais être le centre de l’attention, très peu pour moi. Je pensais que la soirée serait plutôt normale. Je reviendrais chez moi avec une parfaite inconnue et demain matin elle ne serait plus là. Je n’aurais pas pris son numéro en note bien entendu, et je ne la reverrais sans doute plus jamais. Toutefois, les choses ne se sont pas passées exactement comme je l’aurais imaginé.

Assise près du bar, j’aurais pu la reconnaître entre mille. Mon cœur se resserre, et je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’elle fait là. Bien sûr, le bar est à tout le monde, mais Elisabeth savait bien que je serais ici ce soir. Je baisse les yeux, et Chris me donne une tape dans le dos, il a lui aussi constaté ce qui se trame. Il marmonne, regardant en direction du bar d’un air ennuyé. « Ignore-la, ça vaut pas la peine mec. » J’aurais dû l’écouter, bien entendu, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Après une vingtaine de minutes, je décide de m’éclipser pour prendre l’air et accessoirement m’allumer un pétard. « T’as vraiment pas changé, Brad. » La voix sort de nulle part, je lève les yeux et l’aperçois, Beth m’a suivi à l’extérieur et croise les bras en me regardant d’un air réprobateur. « Fous-moi la paix, t’es pas ma mère. » Elle ricane, un peu sarcastique, puis passe une main dans ses cheveux. Elle n’a pas changé. Elle est toujours aussi belle. Je tire une longue bouffée de mon joint et exhale la fumée, baissant les yeux au sol. ‘Ça fait un bail, tu deviens quoi?’ Je hausse les épaules. « Pourquoi ça t’intéresserait? T’es partie parce que tu t’en foutais, non? » Mon ton est sec, ce n’est pas mon genre de parler ainsi. Je prends une grande respiration, Beth fronce les sourcils. Elle n’a pas envie que l’on s’engueule, ça se voit à l’expression sur son visage. Non, elle a une autre idée derrière la tête, ce n’est pourtant pas réciproque. Je devrais me barrer tout de suite, mais à la place, je reste face à elle. « Tu sais, c’était mieux pour nous deux, mais tu m’as tout de même manqué. » Je ne la regarde plus, mes yeux se sont plutôt posés sur le mur de briques derrière elle. Je termine mon joint, elle vient de miner mon moral et j’ai envie de rentrer et oublier ces quelques mots que nous avons échangés. Je passe près d’elle qui se tient près de la porte et Beth dépose sa main sur mon bras, enserrant celui-ci pour m’immobiliser. Je m’arrête et me retourne, puis tout se passe trop rapidement. Nos lèvres se touchent et le baiser dérape.

***

À mon réveil, elle est déjà partie. Il y a une note sur l’oreiller à mes côtés. Elle est forte pour laisser des notes, on dirait qu’il n’y a que de cette façon que l’on arrive à communiquer. « Ça ne se reproduira plus, je suis désolée. Joyeux anniversaire » Elle aurait pu faire mieux. Sur mon téléphone, il y a une série de messages textes et d’appels manqués. Je finis par rappeler Joshua, qui a dû laisser huit messages. « Bordel Brad, t’étais où? » Je soupire, il vaut mieux que j’invente une histoire, si je raconte que j’ai passé la nuit avec Beth, on me fera certainement la morale. « J’étais avec une fille… C’était bien. » Il ricane et semble plutôt rassuré. Son ton est blagueur quand il reprend la parole. « Ouais bah j’espère que c’était pas avec cette pétasse, les gars m’ont raconté qu’elle te cherchait hier. Puis comme par hasard, t’as disparu. C’est con, non? » Je ne réponds pas tout de suite, riant un peu moi aussi. Je me disais qu’il n’y aurait pas vraiment d’impact, de toute façon. Que c’était qu’une baise, point final.

Braedan, 33 ans; 9 mois plus tard
On frappe à la porte et j’enfouis ma tête dans l’oreiller. Nous sommes un samedi matin, il est exactement six heures dix-sept. Il faut être malade pour sonner chez les gens à une heure pareille. Les coups sur la porte se font insistants, puis c’est la sonnette. Je pousse un juron et me lève tant bien que mal, j’ai la migraine de la veille et passe une main dans mes cheveux blonds plutôt longs. Me traînant jusqu’à la porte d’entrée, je suis un peu surpris de tomber nez à nez avec un policier et une femme en tailleur. « Euh… Bonjour? » La femme me balaie du regard et bien que je n’aie jamais été bien pudique, soudainement je me sens un peu débile d’avoir répondu à la porte complètement nu. « Vous êtes monsieur… McKenzie? » Le policier est incertain et la femme resserre ses bras sur sa poitrine. Passant une main dans ma barbe, j’acquiesce avant de répondre. Je me demande à ce moment précis ce que j’ai pu faire de mal. Je ne suis pas un fauteur de trouble, bon d’accord je fume quelques joints mais je ne suis pas vraiment un criminel quoi. « Ouais, c’est moi… Je peux vous aider? » La femme se racle la gorge et prend la parole sur un ton sérieux. Elle commence son discours qu’elle a dû répéter un million de fois déjà. « Je suis Nathalie Campbell des Services sociaux de Colombie-Britannique. Ce matin, mademoiselle Elisabeth Johnson s’est présentée à l’hôpital pour donner naissance à un petit garçon… elle vous a nommé comme étant le père de l’enfant. Nous pouvons vous proposer de faire des tests de paternité, si vous le souhaitez… » Je fronce les sourcils. Je ne comprends pas pourquoi les services sociaux débarquent chez moi. Je lui coupe la parole sans réfléchir. « Mais pourquoi vous me demandez ça? » Elle garde son calme et regarde le policier qui semble prêt à intervenir s’il y a dérapage. Je tente de garder mon calme, en fait j’ai surtout besoin de m’asseoir. « En fait, Monsieur McKenzie, Elisabeth refuse toute responsabilité envers son fils. Si vous n’en voulez pas, il sera confié à un foyer d’accueil. » Mon cœur bondit dans ma poitrine. Je n’arrive pas à croire qu’elle puisse faire ça. Elle aurait pu m’en parler, il me semble. Elle était enceinte pendant tout ce temps et n’a rien dit. Neuf mois, ce n’est pas rien. Elle aurait pu me contacter, elle aurait forcément réussi à le faire d’une façon ou d’une autre. Elle a bien réussi à me retrouver maintenant. Je ne dis rien jusqu’à ce que le policier prononce mon nom, me sortant de ma torpeur. Je veux le voir, ma décision est déjà prise, je ne peux pas me résoudre à abandonner ce bébé. Et puis, si l’on fait le décompte, ça aurait du sens, depuis ce soir-là, à mon anniversaire… « Est-ce que je peux le voir? » Ils se regardent, puis la femme hoche la tête. Bien sûr, elle n’allait pas refuser. Après tout, il s’agit de mon fils.

***

Elisabeth est déjà partie, que l’on m’annonce à mon arrivée. Ils me proposent de m’installer dans une chambre pour passer du temps avec le poupon temporairement et ne sachant trop à quoi m’attendre, j’accepte. Je ne sais pas vraiment ce qui ne m’attend dans les prochains jours ni les prochaines semaines. On m’expliquera plus tard que ma vie va changer radicalement. Pour l’instant, je suis assis dans une petite berceuse, serrant le minuscule bébé dans mes bras. Je n’avais pas prévu retourner à Kelowna, mais lorsque le verdict est officiellement tombé que Cayden était bel et bien mon garçon, j’ai empaqueté mes choses et suis retourné « chez moi ».

***

C’était pas forcément l’idéal de revenir sans prévenir personne. Bien sûr, il m’arrivait de lâcher un coup de fil à Kyllian, mais je parlais plus souvent à Darcy qui me donnait des nouvelles de mon cousin, m’informant de l’état du logement. Au départ, quand je suis parti à Vancouver, il ne devait pas y rester bien longtemps, mais finalement il n’est jamais parti, s’appropriant l’appartement durant toutes les années où j’étais parti. Ça fait un sacré moment tout de même. Je crois qu’il ne s’attendait pas vraiment à me voir revenir, surtout ainsi, du jour au lendemain avec un bébé dans les bras et des boîtes à n’en plus finir. J’ai dû louer un hangar pendant un moment, car il n’y avait pas assez de place pour toutes mes choses. Nous sommes restés quelques mois à l’appartement avant que je fasse les démarches pour acheter une maison, le temps que je retrouve un emploi dans un garage et que les choses se stabilisent. Évidemment, je savais que je ne pouvais pas foutre le cousin à la porte. Je savais aussi que je ne pourrais pas vraiment compter sur lui pour m’aider à payer les factures. Pourtant, il fallait bien se rendre à l’évidence. L’appartement était trop petit pour trois personnes, et Cayden ne pourrait pas dormir avec moi éternellement.  

***

Darcy est derrière moi alors que je regarde les maisons qui s’affichent sur l’écran d’ordinateur. Elle les pointe les unes après les autres, comme une fillette devant le catalogue de jouets de Noël. « Celle-là elle est bien, non? » Je soupire en défilant plus bas. « Trop cher, Darce, oublie Glenmore, j’ai pas les moyens pour ça… » C’est à son tour de soupirer, puis elle prend la chaise à mes côtés, appuyant son coude sur la table. « C’est pas trop cher, t’as des maisons qui sont bien, quand même… Et puis Kyky va t’aider… » Je la regarde et elle baisse les yeux. En vrai, on sait tous les deux que Kyllian ne va pas aider. Ce n’est pas qu’il ne veut pas, il va aider comme il peut, seulement bon, monétairement, on peut toujours rêver. Seulement, Darcy, c'est l'optimiste. Elle est toujours là pour protéger les autres, à voir du bon au fond de tout le monde. Enfin, presque tout le monde. N'allez pas lui parler d'Elisabeth, elle pourrait vous faire un essai en plusieurs tomes sur la multitudes de raisons pour lesquelles elle déteste mon ex. Cette fille qui lui a volé son frère pendant des années, qui a gâché sa vie, qu'elle ira jusqu'à dire parfois quand elle a bu un peu trop en soirée. J'essaie d'éviter le sujet en général avec elle, parce que je connais trop bien ma petite sœur. Défenderesse des uns, pourtant une fois qu'elle vous a dans sa liste noire vous êtes foutu. « J’ai déjà plus de chance que Beth me refile une pension pour Cay. Et déjà, je sais que ça n’arrivera pas. » Je n’ai même pas osé faire de demande, ou simplement tenté d’entrer en contact avec mon ex. Je ne sais pas ce que je dirai à mon fils quand il sera plus grand, parce que forcément, il faudra lui dire quelque chose. « J’te comprends pas, Brad. On dirait que t’aimes t’enliser dans des histoires pas possibles. » Elle a peut-être pas tort, en fait. Elle glousse et je souris légèrement. Il faut mieux en rire, je suppose. En faisant défiler les maisons qui apparaissent sur l’écran, il y en a une qui capte mon attention. « Celle-là, elle est plutôt pas mal. » Ma sœur regarde à son tour et acquiesce. C’est une petite maison, dans Glenmore, comme je voulais tant. Surtout, car j’ai habité ce quartier toute mon enfance, et, car il y a des écoles. Puis c’est aussi dans le quartier où se trouve le garage. Je serai près de la maison au cas où il se passerait quelque chose. « C’est vrai qu’elle est bien. En plus, elle est aussi en location… » Ma sœur regrette déjà ses paroles et je baisse les yeux en l’entendant. Je n’avais pas vraiment envisagé de devoir acheter une maison de sitôt. Je n’avais surtout pas envisagé d’être le seul à la financer. Je ne suis pas quelqu’un de bien orgueilleux dans la vie, mais j’aime tellement mon indépendance que ne pas être totalement propriétaire de ma maison me frustre.

Quelques semaines plus tard, les papiers étaient signés, et l’on emménageait dans la maison.

Braedan, 35 ans
Cayden joue dans le bac à sable alors que Darcy est installée à la table de pique-nique avec moi, surveillant le petit garçonnet. Un sourire fier imprimé aux lèvres, je ne peux m’empêcher de penser qu’il grandit à vue d’œil. « Alors, t’as une fille en vue? » Je suis un peu étonné de la question. Généralement, ma sœur préfère ne pas savoir mes histoires. Je soupire, un peu hésitant à en parler. C’est vrai qu’il n’y a personne. De son côté, Kyllian prend son pied. Il joue pas mal et j’ai arrêté de suivre ses histoires avec ces filles qui lui tournent autour. Moi, pour ma part, c’est le néant. Ma dernière histoire remonte à il y a quelques mois déjà. C’était la baby-sitter. Quand j’y pense, j’ai plutôt honte d’ailleurs. Elle avait quoi, 21, 22 ans? Si Darcy savait, elle me tuerait sans doute. Et puis, c’était qu’un soir, une baise rapide puis elle est partie. J’ai rayé son numéro de la liste d’ailleurs, pas question de la revoir ici. « Brad, tu m’écoutes? » Je me racle la gorge, hésitant. « Bah, tu sais. J’ai pas vraiment le temps entre le travail et Cay. » Elle soupire. Le genre de soupir qu’elle pousse lorsqu’elle va me faire la morale. Ma petite sœur, parfois j’ai l’impression que c’est plutôt elle l’aînée. Elle s’est séparée récemment de son côté, un type terriblement con. Je suppose que c’est pour ça qu’elle s’intéresse autant à ma vie personnelle. « Tu sais, Kyky et toi vous n’êtes pas vraiment des super modèles pour Cayden. Il a quand même besoin d’une maman… » Je la dévisage involontairement. Elle ne m’avait jamais sorti cette phrase avant, ou du moins pas directement. Je me suis toujours dit que Darcy était le meilleur modèle féminin qu’il pourrait avoir. « Ne me regarde pas comme ça. Tu parles plus aux parents, je respecte ça, mais je peux pas jouer tous les rôles en même temps, Brad. » Je pose mon regard sur le bout de chou qui joue avec le chien – qui vit avec nous sans que j’aie eu le droit de négocier – dans le bac à sable qui lève la tête vers moi. Ses grands yeux bleus me transpercent et il me sourit. Je souris à mon tour, un peu bêtement. Je n’aurais pas cru qu’un bambin me rendrait aussi heureux, qu’une erreur d’un soir d’anniversaire serait en fin de compte aussi bien. « Je sais pas Darce, c’est compliqué. Je veux pas faire de conneries, tu me connais, j’suis plutôt doué pour les histoires pathétiques. » Elle rit un peu, mais ne peut s’empêcher d’acquiescer. « Ouais, c’est vrai que t’es plutôt fort là-dessus. » Ça ne me gêne même plus de l’entendre, tout le monde me l’a dit. Quand les gens me demandent qui est la mère de Cay, je leur réponds qu’elle a refusé d’en prendre la responsabilité. Généralement les gens sont étonnés, ils se disent que ce sont surtout les hommes qui font ça. Certains, comme la voisine, doutent aussi de mes capacités à élever un enfant. Si d’un côté elle dévore Kyllian des yeux, je vois bien les regards qu’elle me lance, loin d’être aussi sympathique. Celui qui a d’ailleurs dit qu’un homme avec un enfant attirait les femmes n’avait jamais vu cette fille. Je pourrais être nommé père de l’année et je crois qu’elle ne me ferait pas confiance. Darcy me sort de mes pensées. « Brad? Écoute si c’est juste par rapport à Beth, tu sais, je suis sûr que tu trouveras une fille bien et puis… » C’est à mon tour de soupirer. Je n’ai pas envie d’entendre ses jolies paroles, ou ses excuses pour les critiques envers mon ex. C’est le passé après tout. « C’est pas grave Darcy, c’est simplement pas le moment… et puis concentre-toi sur ta vie avant de t’inquiéter pour la mienne, veux-tu! » Je m’efforce de rire et ma sœur baisse les yeux. Je crois que c’est sa façon d’éviter de penser à ses propres problèmes, bien que ce ne soit pas vraiment la meilleure. Mon fils s’approche de nous en courant, je le prends dans mes bras et l’assois sur mes genoux. Darcy regarde l’heure sur son téléphone et se lève. « Je dois y aller, j’ai un rendez-vous. » Je hausse les sourcils et lui fais un sourire moqueur. « Ah ouais, quel genre de rendez-vous? » Elle soupire et fronce les sourcils, sur la défensive. « Tais-toi. » Elle regarde Cayden, qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe, mais qui regarde sa tante d’un air rieur. « Toi, dis à ton papa que c’est un idiot. » Il rit alors que Darcy lui fait un large sourire et s’approche du bambin, l’embrassant sur la joue. Elle passe une main sur mon épaule puis me regarde d’un air maternel. Quand je dis qu’elle joue le rôle de l’aînée, ce n’est pas un mensonge. Elle s’en va et je passe le reste de la journée avec Cay, attendant le retour de Kyllian qui revient plutôt tard de bosser en général.

***

Toutefois, ce soir, c’est encore plus long qu’à l’habitude. Il ne revient pas, et il devrait être à la maison depuis plus d’une heure. Je lui ai envoyé un message, puis un second. Certes, il aurait pu être avec un de ses innombrables plans cul, mais il aurait bien fini par me répondre un jour. En dernier recours, j’appelle ma sœur. Aucune nouvelle du cousin de son côté non plus. Après des heures d’attente, c’est l’hôpital qui appelle à la maison. Mon cousin se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Tabassé et laissé pour presque mort, c’est par hasard qu’on l’a trouvé et emmené à l’hôpital. Je suppose qu’on a tous un karma un peu naze, les mecs de la famille. Kyllian en particulier, parce que j’imagine qu’avec tous mes plans foireux, au moins j’arrive à me remettre sur les rails.

Épilogue
Ça fait plusieurs semaines que Kyllian se rétablit de son…accident? Est-ce que l’on peut appeler ça ainsi? Enfin, peu importe. Il ne travaille donc plus, et je suis totalement seul pour tout gérer à la maison. J’essaie de prendre ça cool, mais ça me stresse, au fond. Et je ne suis pas quelqu’un qui vit particulièrement bien le stress. J’essaie de ne pas trop embêter mon cousin avec Cayden, l’emmenant même plutôt souvent avec moi au garage. Je suis copropriétaire de l’endroit, donc c’est déjà plus facile d’avoir certains passe-droits de ce genre. Et puis il y a cette fille que j’ai revue après des années. Ce n’est pas vraiment le bon moment pour des retrouvailles, surtout quand elles sont aussi jolies je pense. Il ne s’est rien passé pourtant, enfin depuis que l’on s’est revus. Pourtant, quand je remonte plus loin, il y a des tas de souvenirs, rien de sérieux bien entendu, mais c'est vrai qu'elle était plutôt mignonne la petite voisine, quoiqu'un peu trop jeune, ça c'est vrai. Je ne suis pas vraiment une référence en matière d'histoires d'amour, tout le monde le dit. Je suis le type qui tombe amoureux en tournant le coin de la rue. Cependant, avec elle, c’est un peu plus compliqué. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais quand je vois son prénom sur l'afficheur, je ne peux pas m'empêcher de répondre. Moi qui déteste parler au téléphone.


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MessageSujet: Re: (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream   Sam 27 Juin - 14:45

Cultiver ses légumes..... Je peux te renier ? Par contre.... Tes placards, jvais te les ranger.. Pff

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MessageSujet: Re: (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream   Dim 28 Juin - 2:52

Laisse mes légumes en paix.
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MessageSujet: Re: (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream   Dim 28 Juin - 17:35

Mon cousin es un coeur artichaut. Et ben la fine équipe. T'as fait un pavé, et je suis même pas dedans *part bouder xD*

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MessageSujet: Re: (charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream   Mer 1 Juil - 7:20

JE M'AUTO-VALIDE PARCE QUE JE SAIS QUE VOUS AUREZ PAS LE COURAGE DE LE FAIRE.

Et oh que si t'es dans mon pavé. Trop souvent même.
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(charlie hunnam) braedan × we'll learn to love how to dream
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